La France réclame une réunion sans délai sur la trêve en Syrie

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LE CHEF DE LA DIPLOMATIE FRANÇAISE VEUT UNE RÉUNION SUR LA TRÊVE EN SYRIE
LE CHEF DE LA DIPLOMATIE FRANÇAISE VEUT UNE RÉUNION SUR LA TRÊVE EN SYRIE

par John Irish

GENEVE (Reuters) - Jean-Marc Ayrault a appelé lundi à la tenue sans délai d'une réunion de la "task force" chargée d'observer le respect du cessez-le-feu en Syrie après avoir reçu des informations faisant état d'attaques sur des zones tenues par l'opposition modérée.

"Nous avons reçu des indications selon lesquelles les attaques, y compris aériennes, se poursuivent contre des zones contrôlées par l'opposition modérée", a dit le chef de la diplomatie française à des journalistes à Genève.

"Tout ceci doit naturellement être vérifié", a-t-il ajouté. "La France a donc demandé que la task force chargée de surveiller la mise en oeuvre de la cessation des hostilités se réunisse sans délai".

Selon une source occidentale, la task force devrait se réunir à 15h00 ce lundi à Genève.

"On attend des explications des Russes sur les frappes de dimanche", a dit cette source.

Entrée en vigueur vendredi dernier à minuit, la trêve, qui ne concerne pas les opérations contre les djihadistes de l'Etat islamique (EI) et du Front al Nosra, semble globalement respectée bien que plusieurs violations aient été signalées.

Selon des rebelles sur le terrain et l'observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) basé à Londres, des frappes aériennes ont été menées contre six villes et villages à l'ouest et au nord d'Alep et un village de la province d'Hama, dans le centre du pays.

L'opposition au régime de Bachar al Assad a accusé la Russie, alliée du régime et engagée militairement en Syrie depuis septembre, d'avoir procédé à ces frappes.

Le DRAME SYRIEN EST UN TEST, DIT AYRAULT

Conclue sous l'égide des Etats-Unis et de la Russie, la trêve doit permettre l'ouverture de nouveaux pourparlers de paix pour tenter de trouver une issue à la guerre qui a déjà fait plus de 250.000 morts et 11 millions de réfugiés et déplacés depuis mars 2011.

L'émissaire spécial de l'Onu pour la Syrie, Staffan de Mistura a annoncé la semaine dernière son intention d'organiser trois semaines de discussions de paix à partir du 7 mars.

Les précédentes négociations avaient été interrompues début février en raison d'une offensive de l'armée syrienne, épaulée par l'armée russe, contre des rebelles dans la région d'Alep.

Dans son discours à Genève à l'occasion de la 31e session du conseil des droits de l’Homme, Jean-Marc Ayrault a pointé la responsabilité du régime de Damas et "la barbarie de Daech" (acronyme arabe de l'EI).

"Depuis cinq ans, le régime de Damas commet, sans relâche, des crimes contre l’Humanité. Il torture, il assassine, il affame en toute impunité", a-t-il souligné.

"Je n'oublie pas la barbarie de Daech qui terrorise, avec une cruauté et une abjection rarement égalées, les peuples irakien et syrien, et qui répand la terreur jusqu’au coeur de l’Europe. Nous devons la combattre avec détermination."

Pour le chef de la diplomatie française, "le drame syrien est le test à l'aune duquel notre action en faveur des droits de l'homme sera jugée."

"Pour l'instant c'est un échec", a-t-il reconnu devant des journalistes.

(avec Marine Pennetier à Paris, édité par Yves Clarisse)

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