La France propose une initiative de croissance à l'UE

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PARIS (Reuters) - La France a adressé mardi à ses partenaires européens des propositions pour lancer une initiative de croissance, dont le coeur est la relance de l'investissement, afin de peser sur les orientations de l'UE lors du sommet de fin de semaine.

François Hollande entend, au nom des autres dirigeants sociaux-démocrates qu'il a reçus samedi dernier, défendre jeudi et vendredi à Ypres puis Bruxelles "l'enjeu très fort de relance de l'investissement", qui passe par la définition de projets et de capacités de financement, explique-t-on à l'Elysée.

La France, dont la trajectoire de réduction des déficits publics, qui prévoit un retour aux 3% en 2015, reste incertaine, souhaite "tirer pleinement parti des flexibilités" qu'offre le pacte de stabilité et de croissance pour apprécier les efforts budgétaires des Etats membres, dit le texte envoyé mardi.

A l'Elysée, on précise qu'il ne s'agit pas nécessairement d'exclure certains investissements du déficit mais tout à la fois de jouer sur les dépenses exceptionnelles, tenir compte des réformes et apprécier la conjoncture si besoin.

Ce texte, adressé aux 27 autres chefs d'Etat et de gouvernement ainsi qu'au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, insiste sur la nécessité de simplifier l'action de l'UE pour la rendre plus lisible et concentrée sur l'essentiel.

Cela commence par la coordination des politiques économiques menées dans la zone euro et dans chaque pays de la zone euro.

Pour cela, François Hollande prône d'abord "une initiative pour accompagner la politique monétaire de la Banque centrale européenne afin d'amplifier les effets de ses annonces", avec notamment le rachat par la BCE de prêts aux entreprises ou une modification des règles prudentielles.

Il souhaite en outre que les politiques nationales soient évaluées en fonction de leurs conséquences sur les autres pays et qu'un débat ait lieu pour "éviter que les politiques de compétitivité menées simultanément ne prolongent la situation de faible inflation" dans la zone euro.

SÉCURITÉ ET ÉNERGIE

Sur ce même volet de la coordination, le président français demande la mise en oeuvre d'"un programme de convergence fiscale et sociale renforcée", avec la "création d'un socle commun de droits sociaux", dont un salaire minimum européen, et appelle à "rapprocher la fiscalité sur les entreprises".

Il demande enfin une "amélioration du fonctionnement de la zone euro" avec des réunions plus fréquentes, la création de deux "Eurogroupe" sur les questions sociales et industrielles et une simplification des procédures de suivi des politiques.

L'objectif est de parvenir au deuxième pilier de ce paquet de propositions, à savoir de "réorienter" l'UE pour qu'elle mette la croissance au coeur de son action, par le biais d'une politique d'investissements massifs.

La France propose "un programme d'investissements à cinq ans, en mobilisant les ressources publiques européennes et nationales ainsi que les ressources de l'épargne privée et des grands investisseurs", dit le texte du chef de l'Etat.

Ce besoin d'investissement s'élèverait à 2% du PIB des Vingt-Huit, soit 240 milliards d'euros, selon le texte.

François Hollande établit en outre des choix de priorités : infrastructures de l'énergie et des transports propres, télécommunications, efficacité énergétique, innovation et recherche, et formation et qualification des travailleurs.

Sur le détail des ressources, Paris souhaite davantage de "prise de risque" de la Banque européenne d'investissement, pour qu'elle aille "vers des projets difficiles".

L'Elysée défend en outre l'idée d'un développement des "project bonds", des obligations liées à un projet précis et une multiplication des fonds de la garantie jeunesse pour la porter de six à 20 milliards d'euros.

La France veut réorienter l'épargne privée vers le financement des entreprises et "s'assurer que les mesures de la BCE finissent bien dans l'économie réelle", ajoute-t-on.

Le document comporte un volet énergie, érigé en priorité par la France du "paquet climat-énergie" en cours de discussion une priorité en vue de la conférence internationale sur le climat de décembre 2015 dans la capitale française.

(Gregory Blachier, édité par Yves Clarisse)

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  • Aston54 le mardi 24 juin 2014 à 16:01

    Décidément, ce président n'a aucun honneur... grace à sa politique notre pays s'enfonce de plus en plus et apparait comme "l'homme malade" de l'Europe et lui, il veut en remontrer aux autres en matière économique!!!!"On reconnait les c.ons à ce qu'ils osent tout!!! encore une belle démonstration.Pauvre France.

  • odnaz le mardi 24 juin 2014 à 15:57

    La France pays de l'humour ! C'est de l'humour dites-moi ? .... de l'humour noir avant la honte. Ils se rendent compte ou pas les Hollande, Valls, Sapin, Montebourg, Ségo, .... et n'oublions pas leurs brillants prédécesseurs.

  • c.monti1 le mardi 24 juin 2014 à 15:10

    magouille et dépense voila la politique de gros Nul 1er

  • FREDTOUZ le mardi 24 juin 2014 à 15:07

    Quand on n'est pas capable de générer la croissance dans son propre pays, on évite ce genre de propositions...

  • jfvl le mardi 24 juin 2014 à 15:05

    La France représentée par Ubu n'est plus audible...

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