La France prône la transformation du FESF en banque

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PARIS (Reuters) - Faire du Fonds européen de stabilité financière (FESF) une banque serait la meilleure solution pour répondre à la crise touchant la zone euro mais d'autres pistes seront envisagées si l'Allemagne y est trop hostile, a déclaré jeudi une source au ministère français de l'Economie.

La France est confiante dans la solidité de ses banques, mais elle n'est pas sourde aux demandes exprimées sur les marchés financiers, a-t-on ajouté de même source.

Dans l'hypothèse de l'ouverture d'un guichet public de recapitalisation des banques, elle n'est pas certaine que beaucoup d'établissements s'y présentent.

La source a ajouté que les nouvelles informations concernant la situation financière de la Grèce, plus dégradée que prévu, devraient se traduire par un relèvement du niveau de la décote demandée aux créanciers privés sur les titres grecs.

"Ce sera probablement plus haut que le 21%" prévu, a-t-elle dit, ajoutant que la priorité absolue pour la réussite du G20 est de trouver des éléments de stabilité de la zone euro.

Les propositions franco-allemandes en ce sens seront présentées au Conseil européen du 23 octobre et les équipes des Trésors français et allemand travaillent sur les pistes de recapitalisation des banques et la "maximisation" de la puissance du FESF, doté de 440 milliards d'euros.

L'Allemagne refusant que la taille du Fonds soit augmentée, l'application d'un effet de levier est examinée.

"Nous pensons que la piste évidemment la plus solide est que le Fonds devienne un établissement bancaire en collaboration avec la BCE et puisse avoir sa capacité de se servir d'un effet de levier", a dit la source.

"Mais c'est une hypothèse incertaine parce que la BCE a déjà émis une opinion négative. On continue à discuter, je pense que c'est ce qui marcherait le mieux", a-t-elle déclaré.

PAS DE RELANCE EN FRANCE

"L'idée n'est pas d'avoir 2.000 milliards d'euros dans le Fonds", poursuit-on à Bercy. "L'idée est d'avoir un effet levier qui engage le soutien d'autres fonds européens ou internationaux."

L'objectif serait que "si un Etat met un, on pourrait avoir plus trois ou plus quatre d'autres partenaires du Fonds".

Dans les réflexions sur la "maximisation" de la puissance du FESF, garantir une partie de la dette italienne, par exemple, est une initiative qui peut être envisagée;

Les banques françaises sont solides et n'ont de problème ni de liquidité ni de solvabilité, a-t-elle ajouté, mais la France n'est pas sourde aux demandes de recapitalisation des banques.

Les banques françaises devraient pouvoir trouver en elles-mêmes les fonds éventuellement nécessaires, ou lever elles-mêmes des capitaux privés. Si besoin, une recapitalisation ordonnée au niveau européen est envisageable et les outils nationaux pour le faire sont en place.

Pour réduire les déséquilibres mondiaux, une des priorités de la présidence française du G20, les pays présenteront deux ou trois mesures significatives, comme par exemple des engagements budgétaires ou au contraire des mesures de relance pour ceux qui le peuvent. Ces mesures seront présentées au G20 de Cannes des 3 et 4 novembre.

A cet égard, la France ne fait pas partie des pays pouvant se permettre de relancer l'économie, a précisé la source.

Concernant la Grèce, un événement de crédit qui déclencherait le paiement des CDS ne serait pas acceptable pour la France, alors qu'un défaut sélectif pourrait être géré.

Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse

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