La France "peut faire mieux" contre le terrorisme, dit Juppé

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    PARIS, 11 septembre (Reuters) - L'Etat français "peut faire 
mieux" contre le terrorisme, a déclaré dimanche soir Alain Juppé 
qui préconise de renforcer le renseignement, "fortement affaibli 
ces dernières années". 
    Invité du journal de France 2, l'ancien Premier ministre, 
favori de la primaire à droite, a marqué sa différence avec 
Nicolas Sarkozy, son principal rival, en prônant le placement en 
centre de rétention des personnes fichées "S" (pour "Sûreté de 
l'Etat") sous l'autorité du juge et non sur décision 
administrative comme le propose l'ancien président.  
    Dans un entretien au Journal du Dimanche, Nicolas Sarkozy 
accuse François Hollande de ne pas "tout mettre en oeuvre pour 
lutter contre le terrorisme".   
    "Je pense qu'aujourd'hui on peut faire mieux", a affirmé lui 
aussi Alain Juppé. 
    "On peut toujours faire mieux et ce qui s'est passé autour 
de Nice, les enquêtes qui sont en cours, montrent qu'on pouvait 
vraisemblablement faire mieux", a-t-il souligné. 
    Le maire de Bordeaux avait fait polémique en déclarant au 
lendemain de l'attentat du 14 juillet à Nice que "le drame 
n'aurait pas eu lieu" si "tous les moyens avaient été pris". 
    "Il y a encore des améliorations à apporter, je pense en 
particulier au renseignement. On se focalise sur l'institution 
judiciaire (...) mais c'est toute la chaîne qui doit être 
renforcée : le renseignement, la police, la justice", a-t-il 
précisé. 
    "Sur le renseignement, nous avons encore à faire des progrès 
pour décloisonner, pour rapprocher du terrain, parce que le 
renseignement territorial a été fortement affaibli au cours des 
dernières années", a-t-il estimé. 
    Nicolas Sarkozy juge nécessaire d'appliquer le "principe de 
précaution" à tout Français soupçonné de lien avec le terrorisme 
en lui appliquant une mesure d'enfermement administratif. 
    Alain Juppé juge lui aussi qu'il faut les "mettre hors 
d'état de nuire", mais avec des différences. 
    "Lorsque ce sont des suspects d'actes terroristes, nous 
avons tous les moyens, la justice a tous les moyens de les 
poursuivre (...) et ensuite de les incarcérer", a-t-il expliqué. 
    "Il y a ceux contre lesquels il n'y a pas de preuve évidente 
de liens avec le terrorisme. Il faut aussi les neutraliser, on 
peut le faire avec l'état d'urgence aujourd'hui puisque les 
préfets ont la possibilité de les mettre en résidence 
surveillée", a-t-il poursuivi. 
    "Je suis tout à fait favorable à ce qu'on aille plus loin, à 
ce qu'on les mette dans des centres de rétention à une 
condition, c'est que nous respections un principe fondamental : 
l'autorité judiciaire en France est garante des libertés 
publiques", a déclaré Alain Juppé, répondant implicitement à 
Nicolas Sarkozy. 
 
 (Sophie Louet) 
 
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