La France parmi les mauvais élèves du Pisa 2012

le
21
LE NIVEAU DES ÉLÈVES FRANÇAIS A RECULÉ ENTRE 2003 ET 2012, SELON L'ENQUÊTE PISA DE L'OCDE
LE NIVEAU DES ÉLÈVES FRANÇAIS A RECULÉ ENTRE 2003 ET 2012, SELON L'ENQUÊTE PISA DE L'OCDE

par Sophie Louet

PARIS (Reuters) - Le système éducatif français s'est nettement dégradé entre 2003 et 2012, selon une enquête de l'OCDE, qui souligne la forte augmentation du nombre d'élèves en échec scolaire, essentiellement dans les classes sociales défavorisées.

Dans la nouvelle édition, parue mardi, du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (Pisa), qui évalue les compétences des jeunes de 15 ans dans les domaines de la lecture, des mathématiques et des sciences, la France est rétrogradée à la 25e place des 65 pays ou économies participants.

Dans le précédent Pisa 2009, auquel 75 pays et économies avaient participé, la France occupait la 22e place dans le classement global des compétences, à quelques encablures de l'Allemagne, qui la devance désormais à la 16e place.

"Ces résultats sont inacceptables", a dit lors d'une conférence de presse le ministre de l'Education, qui entend "s'attaquer aux injustices qui déchirent notre système social".

"L'école de la République, ça n'est pas fini, nous allons la refonder et nous allons réussir. D'autres pays ont été capables de le faire", a-t-il ajouté en critiquant à mots couverts le bilan de la droite et en exonérant les enseignants.

Vincent Peillon, dès octobre, avait alerté sur le "choc Pisa" et le décrochage français qui justifie selon lui les réformes contestées mises en oeuvre depuis l'élection de François Hollande, notamment celle des rythmes scolaires.

LES ÉLÈVES FRANÇAIS MOINS BONS EN MATHÉMATIQUES

Comme le préfigurait "Pisa 2009", ce sont les Asiatiques qui se distinguent mondialement avec dans le trio de tête Shanghai (613 points en mathématiques), Singapour (573) et Hong Kong (580), suivis de la Corée du Sud, de Macao et du Japon.

Les premiers pays européens du classement sont le Liechtenstein (8e), la Suisse (9e) et les Pays-Bas (10e).

La Finlande, présentée jusqu'il y a peu comme "le" modèle en matière éducative, est 12e (519 points en mathématiques). Son image de première de la classe s'était déjà dépréciée dans la précédente étude où elle avait été détrônée par les Asiatiques, jusqu'au troisième rang.

Référence internationale, le Pisa est aussi contesté par des acteurs et spécialistes du monde éducatif qui déplorent des résultats biaisés selon eux par la relativité de l'échantillon (Macao comparé aux Etats-Unis par exemple) et les critères d'évaluation de pédagogies parfois fort différentes.

L'étude, menée tous les trois ans depuis 2000, est centrée dans sa dernière édition sur l'apprentissage des mathématiques.

La "performance" des élèves français en mathématiques a diminué de 16 points entre 2003 (511) et 2012 (495), ce qui en neuf ans fait passer la France des pays dont la performance est supérieure à la moyenne de l'OCDE aux pays dont la performance est dans la moyenne de l'OCDE (494 dans l'étude 2012).

Il y a, note l'étude, "beaucoup plus d'élèves en difficulté (...), ce qui sous-entend que le système s'est dégradé principalement par le bas entre 2003 et 2012".

S'agissant de la compréhension de l'écrit, les résultats de la France sont meilleurs (505 points contre 496 dans Pisa 2009), au-dessus de la moyenne des pays de l'OCDE (496), une amélioration observée depuis 2009.

LE DÉTERMINISME SOCIAL, MAL FRANÇAIS

Néanmoins, l'OCDE souligne, comme dans les autres matières étudiées, le creusement du fossé entre "très bons" et "très mauvais" élèves.

En sciences, le niveau de la France reste stable depuis 2006 avec 499 points (contre 501 en moyenne dans les pays de l'OCDE et 498 points dans Pisa 2009).

Le "mal français", qui empire selon l'OCDE, réside dans la corrélation entre l'origine sociale des élèves et leurs résultats à l'école, "bien plus marquée que dans la plupart des autres pays de l'OCDE".

Le verdict de l'étude est alarmant : "En France, le système d'éducation est plus inégalitaire qu'il ne l'était neuf ans auparavant. En d'autres termes, lorsqu'on appartient à un milieu défavorisé, on a aujourd'hui moins de chance de réussir en France qu'en 2003".

L'Allemagne, la Turquie et le Mexique, par exemple, ont amélioré leur score moyen en mathématiques tout en réduisant l'écart entre élèves favorisés et défavorisés. "Ceci démontre qu'équité et qualité ne doivent être considérées comme des objectifs antagonistes", écrivent les auteurs du rapport.

En France, les élèves issus de l'immigration sont au moins deux fois plus susceptibles d'être en échec scolaire. Le nombre de redoublants a diminué depuis 2003 mais reste élevé à 28%, alors que la moyenne des pays de l'OCDE est de 12%.

"La mixité sociale et la mixité scolaire, c'est un atout pour un pays", a dit Vincent Peillon, qui voit dans le diagnostic de l'OCDE un encouragement à poursuivre la réforme de la formation des professeurs, à réviser les programmes de l'ensemble de la scolarité obligatoire sur le quinquennat et à engager, en janvier, des mesures pour l'éducation prioritaire.

Pour Eric Charbonnier, expert Education à l'OCDE, le gouvernement est sur la bonne voie mais sa méthode pose problème. "Un certain nombre de leviers ont été identifiés, mais sans faire consensus et sans être activés en même temps", dit-il.

Edité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • M363422 le mardi 3 déc 2013 à 18:58

    Par rapport aux résultats de 2003, il y a à peu près autant d'élèves très performants en France, mais surtout beaucoup plus d'élèves en difficulté, ce qui sous-entend que le système s'est dégradé principalement par le bas entre 2003 ET 2012.Qui sont les responsables de cela? Qui ont été les "brillants" ministres de l'éducation nationale?

  • M363422 le mardi 3 déc 2013 à 18:46

    Ce qui coûte très cher, dans notre système ce sont les classes préparatoires, spécificité française. Notre système scolaire est donc à l'image de notre société: elle préfère exclure,ne pas s'attaquer réellement aux inégalités. Voyez à l'inverse ce qu'a su faire l'Allemagne sur ce sujet.Il faudrait aussi évoquer les aspects très négatifs des systèmes "asiatiques" Expl: Japon. Mais Pisa ne s'intéresse pas à cet aspect.

  • M363422 le mardi 3 déc 2013 à 18:26

    La noix d'honneur du...à jean e qui manifestement à d'excellentes idées...de son point de vue

  • kerken le mardi 3 déc 2013 à 18:26

    Bof ! c'est tout simple pour résoudre ce problème.1 - Suppression des comités de parents d'élèves2 - Suppression des syndicats 3 - Remplacement d'un ministre encarté à un parti politique par une personne de la société civile Vous verrez après nous serons les premiers de la classe .

  • pduc le mardi 3 déc 2013 à 18:18

    C'est bien Sarkozy et sa clique qui disaient que les professeurs n'avaient pas besoin d'être formés ?

  • quibe le mardi 3 déc 2013 à 18:07

    Heureusement que notre Jean-Marc Blaireau veut faire "une réforme qui n'écartera personne" , c'est à dire que bientôt 60% des jeunes qui rentreront en 6ème ne sauront ni lire ni compter ... c'est ça l'uniformité par le bas !

  • Urfee le mardi 3 déc 2013 à 17:57

    Il faut éjjaculer Peillon !!!

  • 11246605 le mardi 3 déc 2013 à 17:53

    Tout est relatif mlaure13, quand on sait que la France est la 5ème puissance mondiale. Bientôt le bac sera donné à 8 de moyenne,et l'histoire des croisés ne sera plus enseignée en histoire car considérée comme trop choquante par certains parents d'élèves.

  • jean.e le mardi 3 déc 2013 à 17:51

    si peillon quel tete de ....

  • jean.e le mardi 3 déc 2013 à 17:51

    pour moi la solution c est scolarite jusqu a 12 ans apres marche du travail avec 1 jour d'ecole par semaine l ecole ne doit garder que les eleves motive pour apprendre