La France ne rognera pas sur la dissuasion, dit Le Drian

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LA FRANCE NE RÉDUIRA PAS SON SYSTÈME DE DISSUASION NUCLÉAIRE, ASSURE JEAN-YVES LE DRIAN
LA FRANCE NE RÉDUIRA PAS SON SYSTÈME DE DISSUASION NUCLÉAIRE, ASSURE JEAN-YVES LE DRIAN

PARIS (Reuters) - La France n'envisage pas de réduire son système de dissuasion nucléaire à une seule composante malgré la nécessité pour ses armées de participer à l'effort de réduction des déficits, a déclaré vendredi Jean-Yves Le Drian.

Le ministre de la Défense, qui a présenté ce même jour en conseil des ministres le projet de budget pluriannuel de la défense, s'est agacé du débat sur la pertinence de conserver les deux composantes, sous-marine et aérienne, de la dissuasion dans un contexte de contraintes budgétaires tous azimuts.

"La dissuasion est un tout et elle est notre garantie suprême, elle ne se divise pas", a-t-il dit lors d'une conférence de presse. "L'arme océanique comme l'arme aéroportée sont complémentaires".

La dissuasion nucléaire, d'un coût estimé à environ 3,5 milliards d'euros annuels, reste donc sanctuarisée dans ses deux composantes.

Plusieurs voix se sont pourtant élevées dernièrement dans les milieux industriels et militaires pour suggérer de réduire la voilure sur la dissuasion afin de protéger les forces conventionnelles, durement touchées par les restrictions et les pertes d'effectifs.

Le centriste Hervé Morin, ministre de la Défense sous la présidence de Nicolas Sarkozy de 2007 à 2010, a ainsi reproché vendredi à François Hollande de n'avoir pas le courage de remettre en question le dogme de la double dissuasion.

Le président aurait dû "assumer le fait que la France n'est plus capable de financer deux composantes pour la dissuasion, afin de de?gager les cre?dits ne?cessaires pour les priorite?s de nos forces conventionnelles (...) et donc aller vers l'extinction progressive de la composante ae?roportée", estime Hervé Morin dans un communiqué.

UN BUDGET "INQUIÉTANT" POUR L'UMP

Pour Jean-Yves Le Drian, ce débat n'a pas lieu d'être.

"Le président de la République s'est engagé à maintenir l'ensemble de la dissuasion, elle sera maintenue et rénovée", a dit le ministre de la Défense, qui détaillait lors d'une conférence de presse la Loi de programmation militaire (LPM) 2014-2019.

Ce projet de loi, que Jean-Yves Le Drian défendra à l'automne devant le Parlement, prévoit la suppression de près de 34.000 postes au sein des armées et le gel du budget de la défense à 31,4 milliards d'euros annuels sur les trois prochaines années.

Si Jean-Yves Le Drian estime qu'il s'agit d'un budget équilibré permettant de garantir à la France son autonomie stratégique, l'opposition n'est pas de cet avis.

Le député UMP Marc Laffineur, spécialiste des questions de défense, a dénoncé un "budget en trompe-l'oeil, fondé sur des recettes aléatoires dégagées non seulement d'une réduction des effectifs humains mais aussi des moyens de notre armée".

Ce budget est "inquiétant" et "menace notre capacité d'intervention, notre force de frappe et pis encore, la place de France dans le monde alors qu'elle prendra la tête du Conseil de sécurité de l'Onu au mois de décembre", ajoute le parlementaire dans un communiqué.

Pour le Front national, la LPM "montre l'absence totale d'ambition du gouvernement pour notre pays et l'irresponsabilité qui caractérise l'ensemble de son action".

Dans un communiqué, le parti de Marine Le Pen dénonce "un budget ridiculement bas de l'ordre de 1,5% du PIB" qui poursuit "le déclassement après le désastre des années Sarkozy".

Patrick Vignal, édité par Yves Clarisse

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