La France ne prendra pas d'initiative seule sur la Libye

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    * Paris conditionne une éventuelle intervention 
    * Mise toujours sur la solution politique 
    * Ecarte un scénario type Mali en 2013 
 
    PARIS, 3 février (Reuters) - La France ne prendra pas 
d'initiative seule sur la Libye et n'interviendra militairement 
que dans un cadre très précis, a déclaré mercredi le 
porte-parole du gouvernement, écartant une répétition du 
scénario de l'opération Serval au Mali.  
    Les déclarations de responsables politiques et militaires 
occidentaux, notamment américains et italiens, se sont 
multipliées ces dernières semaines, semblant accréditer la thèse 
d'une intervention militaire imminente en Libye où le chaos 
profite à l'Etat islamique (EI).  
    La France, qui alerte sur la situation en Libye depuis 2014, 
mène des vols de reconnaissance et a mis en place une base 
militaire avancée à l'extrême-nord du Niger, près de la 
frontière libyenne. 
    S'il ne cache pas son inquiétude, le gouvernement écarte 
toutefois pour l'heure toute intervention militaire et mise sur 
le volet politique.  
    "La France ne prend ra  pas d'initiative seule, c'est très 
clair", a déclaré Stéphane Le Foll lors du compte rendu du 
conseil des ministres.  
    "S'il y avait quelque chose qui était décidé dans lequel la 
France peut apporter un soutien ou participer, bien sûr mais il 
est hors de question (...) que la France s'engage, [qu'elle 
prenne] des décisions comme elle a pu le faire sur la question 
du Mali. Là on est vraiment sur un autre sujet". 
         
    PRESSION 
    Depuis le début du quinquennat de François Hollande, l'armée 
française a multiplié les opérations militaires en intervenant, 
au départ du moins, sans ses alliés occidentaux et européens.  
    En janvier 2013, à la demande des autorités locales, elle 
intervient au Mali pour repousser les groupes armés islamistes 
qui menacent la capitale Bamako.  
    En décembre de la même année, elle se déploie en 
Centrafrique pour tenter de mettre fin à la spirale de violences 
entre communautés.  
    Au Moyen-Orient, la France est mobilisée depuis 2014 en Irak 
et depuis septembre 2015 en Syrie dans le cadre d'une coalition 
internationale, emmenée par Washington, contre l'EI.  
    "Dans ce débat sur la Libye, s'il y a une intervention, elle 
a un préalable c'est la constitution d'un gouvernement", a 
souligné Stéphane Le Foll. "S'il y a un gouvernement à ce 
moment-là, il peut y avoir des demandes et des décisions qui 
seront prises à un niveau international bien sûr." 
    "La France ne prend pas d'initiative seule donc ça ne peut 
être qu'à l'échelle internationale voire européenne".  
    A Rome, en marge d'une réunion sur l'Etat islamique, Laurent 
Fabius avait déjà écarté mardi toute intervention imminente de 
la France.  
    "Il n'est absolument pas question que nous intervenions 
militairement en Libye", avait dit le chef de la diplomatie à la 
presse. "Je ne sais pas de quelle source cela provient. 
Peut-être qu'il y des groupes qui veulent faire pression en ce 
sens mais telle n'est pas la position du président de la 
République et du gouvernement."  
    Au-delà de la décision politique, le chef d'état-major a 
prévenu la semaine dernière que l'armée française ne pouvait 
pas, en l'état, intervenir sur un nouveau théâtre.  
    Evoquant une armée "au taquet" de ses contrats 
opérationnels, le général Pierre de Villiers a estimé qu'un tel 
scénario nécessiterait soit une augmentation de budget défense 
soit un désengagement d'un autre front.  
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
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