La France ne confirme pas la mort d'un otage au Mali

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LA MORT D'UN OTAGE FRANÇAIS AU MALI NON CONFIRMÉE PAR PARIS
LA MORT D'UN OTAGE FRANÇAIS AU MALI NON CONFIRMÉE PAR PARIS

PARIS (Reuters) - Le gouvernement français a déclaré mercredi ne pas être en mesure de confirmer la mort d'un de ses otages enlevés au Mali, qu'Al Qaïda au Maghreb islamique affirme avoir exécuté.

Aqmi dit avoir décapité Philippe Verdon en représailles à l'intervention française au Mali, a annoncé mardi l'agence de presse mauritanienne Ani (Agence Nouakchott d'information).

"Nous sommes en train de vérifier les informations sur la réalité de ces faits", a déclaré la porte-parole du gouvernement français, Najat Vallaud-Belkacem.

"Notre ligne est de tout faire pour obtenir la libération des otages, nous estimons que la discrétion est le meilleur gage d'efficacité de nos démarches", a-t-elle ajouté lors du compte rendu du conseil des ministres, où le sujet a été abordé par le président de la République.

Le sort des otages français en Afrique a ensuite été abordé lors d'un conseil de défense en fin de matinée à l'Elysée, qui a notamment réuni les ministres de la Défense et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius, ainsi que le chef d'état-major des armées, l'amiral Edouard Guillaud.

Ils ont "fait le point sur la situation au Mali et sur celle des otages", a sobrement rapporté la présidence.

Dans l'entourage du Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, l'extrême prudence était aussi de mise.

"On n'a pas de confirmation à apporter à la fois sur l'information de ce décès et sur les raisons, les circonstances. Il faut être extrêmement prudent", soulignait-on mercredi.

L'agence Ani, qui a des contacts étroits avec des activistes islamistes, dit avoir reçu un appel téléphonique d'un commandant porte-parole d'Aqmi. Celui-ci a précisé à l'agence que le Français avait été décapité le 10 mars dernier.

DEMANDE DE RANÇON

Philippe Verdon, un géologue, avait été enlevé dans la nuit du 24 novembre 2011 à Hombori dans le nord du Mali en même temps que son collègue Serge Lazarevic.

Le comité de soutien de Philippe Verdon a fait part de ses inquiétudes.

"Ce qu'on ne voudrait pas, c'est que Philippe soit décédé depuis un petit moment et qu'Aqmi se serve de ce décès, qui serait un décès dû à ses pathologies, pour faire pression sur l'exécutif français", a déclaré sur RTL son président, Philippe Lupart.

Quatorze autres otages français sont détenus en Afrique de l'Ouest, dont sept sont retenus prisonniers au Sahel par Aqmi et les groupes qui lui sont affiliés.

L'un des leaders d'Aqmi, l'Algérien Mokhtar Belmokhtar, avait appelé à la vengeance après la décision annoncée par la France le 11 janvier d'intervenir militairement au Mali pour chasser Aqmi et d'autres groupes islamistes qui occupaient le nord du pays.

Selon l'agence Ani, le porte-parole d'Aqmi, qui s'est présenté sous le simple nom de Qayrawani, a qualifié Philippe Verdon d'espion et déclaré que François Hollande était "le seul responsable de la vie des autres otages".

Aqmi a déjà menacé par le passé de tuer les otages si la France intervenait au Mali et a réclamé une rançon de 90 millions d'euros pour leur libération.

Selon le quotidien Le Monde du 18 mars, la France aurait changé de politique en ce qui concerne le paiement de rançons.

L'épouse de Daniel Larribe, un des otages enlevés à Arlit, a déclaré ainsi au journal que François Hollande leur avait dit le 13 janvier qu'il était "impensable de donner de l'argent à des organisations avec lesquelles nous sommes en guerre."

Elizabeth Pineau, John Irish et Julien Ponthus, édité par Patrick Vignal

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