La France ne cédera pas au chantage des djihadistes-Valls

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* Un Français de 55 ans enlevé en Algérie * "Aucune négociation" avec les ravisseurs, dit Valls * Un groupe lié à l'Etat islamique revendique l'enlèvement * Il menace de tuer l'otage (Actualisé avec précisions sur le terrain §16-17) PARIS/AIT OUABANE, Algérie, 23 septembre (Reuters) - La France ne cédera pas au chantage des ravisseurs d'Hervé Gourdel, le randonneur de 55 ans enlevé dimanche en Algérie, et continuera d'"assumer ses responsabilités" en Irak contre l'Etat islamique (EI), a déclaré mardi Manuel Valls tandis que les autorités algériennes menaient des recherches sur le terrain. Hervé Gourdel, un guide de haute montagne originaire de Nice, a été kidnappé en Kabylie près de Tizi Ouzou, à 110 kilomètres à l'est d'Alger, par des membres des Soldats du Califat (Jund Al Khalifah), un groupe algérien qui a fait allégeance à l'EI après avoir rompu avec Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). Dans une vidéo diffusée lundi, les ravisseurs menacent d'exécuter l'otage si la France n'interrompt pas ses opérations contre l'Etat islamique en Irak dans les 24 heures. La vidéo, dont l'authenticité a été confirmée par le ministère des Affaires étrangères, a été diffusée sur internet quelques heures après les menaces de l'EI à l'encontre des ressortissants de pays occidentaux, dont la France. Les autorités françaises se disent très inquiètes mais elles ont répété mardi par la voix de Manuel Valls qu'il n'y aurait "aucune discussion, aucune négociation" avec les preneurs d'otage. "Ne jamais céder au chantage", a souligné le Premier ministre sur Europe 1. "La France ne peut pas avoir peur face à ceux qui la menacent ainsi", a-t-il déclaré. Prié de dire si l'armée française poursuivrait malgré tout ses frappes en Irak, Manuel Valls a répondu : "La France est une grande nation qui assume totalement ses responsabilités". Le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, avait jugé lundi la situation "extrêmement critique". "L'attitude de la France est constante. Nous essayons de faire le maximum pour libérer des otages, mais un groupe terroriste ne peut pas infléchir la position de la France", a-t-il affirmé en marge de l'Assemblée générale des Nations unies, à New York. OPÉRATION DE L'ARMÉE ALGÉRIENNE La France a effectué vendredi dernier ses premières frappes contre un dépôt logistique de l'EI dans le nord-est de l'Irak. Dans l'enregistrement vidéo, un homme s'exprimant en arabe menace d'exécuter l'otage français qui apparaît à l'image. "Nous, soldats du califat en Algérie, suivant les ordres de notre leader le calife Abou Bakr al Baghdadi (...) donnons à (François) Hollande, président du criminel Etat français, 24 heures pour mettre fin aux hostilités contre l'Etat islamique, faute de quoi le destin de son ressortissant sera d'être exécuté. Pour sauver sa vie, vous devez annoncer officiellement la fin de vos opérations contre l'Etat islamique", dit-il. Abou Bakr al Baghdadi apparaît au début de la vidéo pendant qu'est diffusé en fond sonore le message de menaces lancé lundi par Abou Mohamed al Adnani, le porte-parole de l'Etat islamique. Hervé Gourdel, père de deux enfants, était en vacances en Algérie où il effectuait une randonnée. "Tout est mis en oeuvre en concertation étroite avec les autorités algériennes pour obtenir la libération de notre compatriote", a dit Laurent Fabius. Des unités des forces spéciales algériennes ont été dépêchées dans les régions montagneuses de l'est du pays tandis que la gendarmerie a dressé des barrages à proximité du village d'Aït Ouabane où Hervé Gourdel a été enlevé dimanche. Khaled Abou Souleimane, ancien commandant local d'Aqmi qui affirme être le leader des Soldats du califat, est originaire de Kabylie, région dans laquelle il a l'habitude de mener des opérations. Dans la vidéo, l'otage français, assis par terre, entouré de deux hommes armés et aux visages dissimulés derrière des foulards noirs, déclare être arrivé en Algérie le 20 septembre. S'adressant à François Hollande, il déclare : "Ce groupe armé me demande de vous faire la demande de ne pas intervenir en Irak. Il me retient en otage. Je vous conjure Monsieur le président de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour me sortir de ce mauvais pas." Il s'agit du premier enlèvement d'un ressortissant étranger en Algérie par des islamistes depuis la fin du conflit, dans les années 1990. (Sophie Louet, avec Pierre Sérisier; Patrick Markey à Alger et Arshad Mohammed à New York, édité par Yves Clarisse et Danielle Rouquié)

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  • s.thual le mardi 23 sept 2014 à 14:08

    des mots on cede bien aux pilotes a la sncf et tous les syndicats qui minent le pays ,,,

  • jpoche le mardi 23 sept 2014 à 12:33

    warf, la France ne cédera pas au chantage parce que ce n'est pas de l'argent qui est demandé oui ! Chacun chez soit et les vaches seront bien gardées

  • LeRaleur le mardi 23 sept 2014 à 12:07

    M613--c'est certain, quelle idée ?

  • LeRaleur le mardi 23 sept 2014 à 11:45

    Donc son sort est joué.