La France nationalise STX, veut toujours négocier avec l'Italie

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    PARIS, 27 juillet (Reuters) - La France a décidé jeudi de 
nationaliser STX France en exerçant son droit de préemption sur 
les deux tiers de son capital qu'elle ne détient pas, faute 
d'être parvenue à un accord avec l'Italie sur un partage à 
parité des chantiers navals de Saint-Nazaire (Loire-Atlantique). 
    En annonçant cette décision, le ministre de l'Economie et 
des Finances, Bruno Le Maire, a indiqué que la proposition 
française de partage à 50-50 tenait toujours et qu'il se 
rendrait à Rome mardi pour en discuter avec le gouvernement 
italien.  
    "Je vous annonce que nous avons pris la décision d'exercer 
le droit de préemption de l'État sur STX", a-t-il dit lors d'une 
conférence de presse. 
    Cette décision, "prise en plein accord" avec le président de 
la République et le Premier ministre, a un seul objectif : " 
défendre les intérêts stratégiques de la France en matière de 
construction navale", a-t-il ajouté. 
    "Les chantiers de Saint-Nazaire sont un outil industriel 
unique en France. Nous voulons garantir aux salariés, à la 
région, aux clients, aux sous-traitants mais aussi à tous les 
Français que les compétences exceptionnelles des chantiers 
navals de Saint-Nazaire en termes de construction comme les 
emplois resteront en France", a expliqué le ministre. 
    Il a chiffré le coût de l'acquisition des deux tiers du 
capital de STX France rachetés au printemps par l'italien 
Fincantieri à son ancienne maison mère sud-coréenne à 80 
millions d'euros, qui seront pris en charge par l'Agence des 
participations de l'Etat. 
    Bruno Le Maire a souligné que cette nationalisation ne 
serait que temporaire, les chantiers de Saint-Nazaire n'ayant 
pas vocation à rester sous le contrôle de l'État français. 
    Elle "doit nous donner le temps de négocier dans les 
meilleures conditions possibles la participation de 
Fincantieri", a-t-il précisé, en reconnaissant que le groupe 
public italien était le seul intéressé par STX France. 
    Celui-ci a refusé jusqu'ici de revenir sur un accord conclu 
au printemps par le précédent gouvernement français qui 
accordait à la partie italienne 54% de STX France, dont 48% pour 
Fincantieri), le solde étant détenu par des intérêts publics 
français (l'Etat et Naval Group). 
    Bruno Le Maire a justifié la parité au capital réclamée 
dorénavant par Paris par la nécessité de garantir le maintien de 
l'emploi et du savoir-faire des chantiers de Saint-Nazaire, les 
seuls capables en France de construire des paquebots mais aussi  
mais aussi de très grandes coques comme celle d'un porte-avions. 
    Le droit de préemption dont disposait la France venait à 
échéance ce vendredi. 
 
 (Myriam Rivet, avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse) 
 

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  • renard il y a 3 mois

    On va demander 5 euros à chaque chômeur pour payer cette dernière "folie". On nationalise les pertes, on privatise les profits. Et on touche des petits "cadeaux" des industriels. L'opération initiale a bien été passée quand Macron était ministre de l'économie, non ?.