La France n'est pas le "béni-oui-oui de l'Europe", dit Ayrault

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JEAN-MARC AYRAULT HAUSSE LE TON FACE À BRUXELLES
JEAN-MARC AYRAULT HAUSSE LE TON FACE À BRUXELLES

PARIS (Reuters) - La France n'a pas vocation à accepter servilement ou systématiquement les orientations politiques de la Commission européenne, a déclaré mardi Jean-Marc Ayrault, qui a souligné vouloir défendre "fermement" ses convictions face à Bruxelles.

"Nous croyons à l'Europe mais nous ne sommes pas des béni-oui-oui de l'Europe", a déclaré le Premier ministre, appelé à commenter sur France 3 les propos d'Arnaud Montebourg qui a accusé le président de la Commission européenne d'être "le carburant" du Front national en France.

José Manuel Barroso, qui a déclenché les foudres de Paris en jugeant "réactionnaires" les opposants au libre-échange des biens culturels, a dénoncé lundi une polémique "absurde" et "inutile" lancée par le Ministre du Redressement productif.

Ce dernier avait attribué le score important obtenu par le candidat du FN à la législative partielle de Villeneuve-sur-Lot aux politiques économiques libérales défendues par José Manuel Barroso.

Si Jean-Marc Ayrault n'a pas désavoué son ministre face à l'exécutif européen, il a en revanche défendu une position plus nuancée.

"Le Front national ne propose que la sortie de l'euro, la sortie de l'Europe", a-t-il jugé, accusant le parti de Marine Le Pen de proposer "de fausses solutions".

"EN FIN DE PARCOURS"

"La France doit défendre ses convictions avec le respect de ses partenaires, mais fermement et clairement, c'est ce qu'elle fera", a encore expliqué le chef du gouvernement.

Le ton est en-deçà des invectives du ministre du Redressement productif, mais gouvernement et majorité n'épargnent pas José Manuel Barroso depuis dimanche.

Ainsi le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, a-t-il implicitement appelé mardi au départ du président de la Commission européenne, qu'il juge "plutôt en fin de parcours, très idéologue".

Prié de dire sur France Info s'il souhaitait son départ, l'élu a répondu : "Je m'en féliciterais, si ça devait arriver demain".

"Je ne pense pas aujourd'hui qu'il incarne ce que nous pouvons souhaiter en matière de dynamisme européen, en matière de volonté de l'Europe de se réformer, en matière de volonté de l'Europe d'apporter des protections nouvelles à ses citoyens", a-t-il dit.

Souhaitant se démarquer des politiques d'austérité engagées avant son élection en Europe pour juguler la crise de la dette de la zone euro, François Hollande revendique d'avoir réorienté l'UE vers une politique plus favorable à la croissance.

François Hollande participera jeudi et vendredi au sommet de Bruxelles où les Vingt-sept doivent notamment adopter un plan de six milliards d'euros pour favoriser l'emploi des jeunes dans des régions particulièrement sinistrées comme en Espagne ou en Grèce.

Julien Ponthus, édité par Sophie Louet

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  • gnapi le mardi 25 juin 2013 à 18:42

    Béni oui-oui de quelques lobbies ultra minoritaires. Ca oui.Mais rentrer dans le moule accepté il y a quelques années et faire des compromis comme les autres pays, que nenni.

  • frk987 le mardi 25 juin 2013 à 17:34

    Par contre être le béni oui-oui d'une doctrine dépassée, c'est normal.