La France n'attire plus l'Amérique

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La France ne suscite plus l'intérêt des investisseurs américains. De profondes réformes seraient à entreprendre pour inverser la tendance.
La France ne suscite plus l'intérêt des investisseurs américains. De profondes réformes seraient à entreprendre pour inverser la tendance.

Seuls 12% des chefs d'entreprises américains voient un intérêt à investir en France, dévoile l'Amcham, la Chambre de commerce américaine en France. Un très mauvais chiffre, qui atteignait 56% il y a trois ans.

Législation complexe, coût du travail et forte fiscalité : la France ne colle pas à l'idéal américain. Les chefs d'entreprise d'outre-Atlantique ne seraient plus que 12% cette année à considérer la France comme un pays intéressant pour y développer leur activité. Un chiffre qui traduit également la stagnation des perspectives macroéconomiques du pays.

Des atouts insuffisants

La France ne manque pourtant pas d'atouts. Ses infrastructures et le niveau de qualification de sa main d'½uvre sont d'une rare qualité par rapport à de nombreux autres pays. On peut aussi penser à l'« art de vivre » français, qui fait l'image du pays à l'étranger et suscite des convoitises plus ou moins fondées.

Cependant, cela ne suffit plus pour compenser les lourdeurs françaises. Le rapport souligne « l'urgence qu'il y a à améliorer la fiscalité et la législation du travail dans le pays ». Les rigidités du marché de l'emploi expliqueraient notamment que seuls 21% à 24% des investisseurs américains en France envisageraient d'augmenter leurs effectifs.

« 80% ne recommanderaient pas la France à des collaborateurs »

L'aspect le plus préoccupant de l'étude tient au désamour des chefs d'entreprise américains déjà installés en France. Ceux-ci, qui ont pris la décision de venir dans l'Hexagone et connaissent donc bien le pays, ne recommandent plus le pays comme une opportunité d'investissement.

L'étude affirme ainsi : « plus de 80% des répondants ne recommanderaient pas la France à des collaborateurs étrangers".

La France perd donc de son pouvoir d'attraction alors que le Royaume-Unis et l'Allemagne résistent mieux à ce phénomène. Selon l'étude, « l'écart d'attractivité de la France se creuse par rapport à ses principaux voisins européens ».

5 solutions proposées par l'Amcham

L'Amcham n'hésite pas à prendre position en recommandant cinq changements à effectuer pour améliorer l'attractivité française :

- « Réformer en profondeur le marché du travail »

- « Assurer une plus grande stabilité et prévisibilité de l'environnement fiscal »

- « Réduire le poids global de la fiscalité »

- « Accélérer la dynamique de simplification administrative »

- « Consolider les atouts structurels de notre pays »

Un vaste programme de réformes simples à formuler, mais sans doute plus complexes à mettre en ½uvre.

Xavier Bargue

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  • gglafont le vendredi 24 oct 2014 à 00:03

    Nos syndicats ont su maintes fois dégouter les investisseurs américains en France en faisant très lourdement payer lors de réductions d'effectifs ce que nulle part ailleurs cela aurait couté alors que la main d'œuvre n'y est pas meilleure que dans de nombreux pays européens.

  • gglafont le jeudi 23 oct 2014 à 23:59

    Il n'y a que les imbé ciles qui n'écoutent pas les clients ou les investisseurs. Pas d'investisseurs = pas de baisse du chômage.

  • M2487190 le jeudi 23 oct 2014 à 19:17

    Sauf pour "exploiter" LA FRANCE comme son petite main dans les actions MILITAIRES

  • M7403983 le jeudi 23 oct 2014 à 19:02

    Rien que du bon sens dans les 5 préconisations de l'Amcham.

  • pascalcs le jeudi 23 oct 2014 à 18:46

    Que je sache, Total est toujours un Société dont le siège est en France. Il y a encore un drapeau Français derrière son nom....

  • pascalcs le jeudi 23 oct 2014 à 18:43

    @Danapoln: vous en voulez d'autres et sur d'autres sociétés US?

  • pascalcs le jeudi 23 oct 2014 à 18:41

    Protesters also called on U.S. Senate candidate Joni Ernst to clearly state her position on Burger King’s action. Ernst has signed a pledge that would make it very difficult to close corporate tax loopholes, including the one that permits corporate inversions. She has also said she does not support ending tax breaks for corporations that ship jobs overseas, and she failed to address the issue when it was raised in the most recent candidates’ debate on Oct. 16 in Sioux City.

  • pascalcs le jeudi 23 oct 2014 à 18:40

    @danapoln: que vous dire? Comme vous travaillez 6 mois de l'année aux EU, j'imagine que vôus lisez l'anglais: Iowa Organizations Rally to Oppose Burger King’s Plans to Become a Canadian CompanyWednesday, October 22, 2014En plusieurs morceaux...

  • abacchia le jeudi 23 oct 2014 à 18:25

    A part quelques uns, personne ne parle des 5 changements préconisés dans l'article ?!? C'est pourtant bien de celà qu'il s'agit ! Mais nos politiques obèses ne pensant qu'à leur réélection, et aux privilèges qui vont avec, comme disait l'autre, ce n'est pas demain la veille ! C'est tellement plus facile de faire payer encore et encore plus une minorité du peuple, pour lui enlever de plus en plus d'avantages ! L'incompétence se paye cash, par un licenciement, dans le privé !

  • danapoin le jeudi 23 oct 2014 à 18:25

    Alors pascal, cessez d'écrire des mensonges. Ils délocalisent seulement leur siège social, tout comme l'a fait Total, Google, Apple et j'en passe mais reste Américains. C'est cette différence que vous ne comprenez pas! exemple même de Total: sté française ayant son siège social (holding) à l'étranger... c'est claire là.