La France n'a pas à donner de leçons à la Belgique, dit Valls

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    * Des propos de Sapin sur le communautarisme ont choqué 
    * "On a fermé les yeux" partout en Europe, corrige Valls 
    * "Indécent", dit une responsable politique belge 
 
    PARIS, 23 mars (Reuters) - La France n'a pas à donner de 
leçons à la Belgique sur le communautarisme, a déclaré mercredi 
Manuel Valls au lendemain de déclarations polémiques de Michel 
Sapin sur la "naïveté" présumée de la classe politique belge 
face aux islamistes.  
    Les propos du ministre des Finances, au soir des attentats 
de Bruxelles, ont été dénoncés par des responsables politiques 
en France, ainsi qu'en Belgique où le ministre des Affaires 
étrangères Didier Reynders, notamment, a exhorté Belges et 
Français à "regarder en face, ensemble" les problèmes qui se 
posent y compris "dans les banlieues françaises". 
    "Moi je ne veux pas donner des leçons à nos amis belges", a 
dit Manuel Valls sur Europe 1. "Nous aussi en France nous avons 
des quartiers qui sont sous l'emprise à la fois des trafiquants 
de drogue et des réseaux islamistes et salafistes". 
    "On a fermé les yeux, mais partout en Europe et aussi en 
France sur la progression des idées extrémistes, du salafisme, 
des quartiers qui à travers ce mélange de trafic de drogue et 
d'islamisme radical ont perverti une partie de la jeunesse", a 
ajouté le Premier ministre.  
    Michel Sapin a estimé mardi sur LCI que la classe politique 
belge avait péché par "naïveté" en laissant se développer un 
bastion islamiste à Molenbeek, la commune bruxelloise où étaient 
basés plusieurs membres du commando responsable des attentats du 
13 novembre dernier à Paris et Saint-Denis.   
    Sur France Info, Laurette Onkelinx, députée socialiste 
belge, ancienne vice-Première ministre et ministre de la 
Justice, a fustigé mercredi les "donneurs de leçons". 
    "C'est indécent par rapport à un peuple qui souffre, qui est 
sous le choc, on a besoin de solidarité, pas de donneurs de 
leçons", a-t-elle déclaré. 
     
    "HONTEUX" 
    En France, l'ancien ministre délégué à la Ville François 
Lamy, député socialiste de l'Essonne, a dénoncé sur Twitter des 
propos "honteux". "Quand on connaît la faiblesse des moyens de 
la politique de la Ville en France...", écrit-il. 
    "Il n'y a pas que les Belges qui ont péché par naïveté comme 
le dit Michel Sapin, il y a aussi la France", a estimé pour sa 
part sur Sud Radio le député des Alpes-Maritimes Eric Ciotti 
(Les Républicains). 
    "Tous les petits accommodements ont construit une France 
multiculturelle et communautaire, moi je m'y oppose", a-t-il 
ajouté. 
    Invité de l'émission "Questions d'info" (France Info-LCP-AFP 
) diffusée mercredi, le député LR de l'Eure Bruno Le Maire a 
affirmé que la France avait aussi ses "Molenbeek". 
    "Quand je vois Michel Sapin faire la leçon à nos amis belges 
sur le sujet, en disant 'vous avez laissé monter le 
communautarisme et vous êtes responsables', franchement, quelle 
indignité", a dit le candidat à la primaire de la droite en vue 
de l'élection présidentielle de 2017.    
    "Avant de regarder la paille dans l'oeil du voisin, il vaut 
mieux regarder la poutre dans le sien", a-t-il ajouté. En 
France, il y a beaucoup de communes, (...) beaucoup de quartiers 
où on laisse faire, où on laisse des femmes intégralement 
voilées circuler en contradiction avec la loi", a-t-il 
poursuivi. 
    "On a laissé monter la collusion entre les trafiquants de 
drogue et l'islamisme radical dans notre pays", a-t-il dit, 
estimant qu'il y avait "l'équivalent des Molenbeek en France 
dans certains quartiers".   
 
 (Marine Pennetier, édité par Sophie Louet) 
 
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  • chrimes il y a 10 mois

    Je l'ai entendu ce matin sur Europe 1 , c'est la première fois que je le trouve à la hauteur...