La France met fin à l'opération Sangaris en Centrafrique

le
0
    * Plus de 2.000 hommes déployés au pic de l'opération 
    * Le pays connaît toujours des accès de violences 
    * La Minusca prise pour cible 
 
 (Actualisé avec déclarations Le Drian, précisions) 
    par Marine Pennetier 
    BANGUI, 31 octobre (Reuters) - La France a officiellement 
mis fin lundi à l'opération Sangaris déclenchée en décembre 2013 
en Centrafrique tout en assurant qu'elle resterait aux côtés des 
autorités de Bangui, toujours confrontées à des flambées de 
violences entre groupes armés.  
    "Sangaris a rempli sa mission", a déclaré le ministre 
français de la Défense, Jean-Yves Le Drian, lors de la cérémonie 
de clôture de l'opération au camp militaire de M'Poko, à Bangui. 
    "Vous aviez trois missions : mettre fin au chaos, 
accompagner les forces internationales et permettre la tenue 
d'élections. Ces trois missions sont remplies, personne ne peut 
le contester", a-t-il souligné. 
    Pour autant, "ce n'est pas parce que l'opération Sangaris 
s'achève que la France abandonne la Centrafrique", a-t-il dit. 
    "Nous resterons très vigilants sur l'évolution de la 
situation et nous conserverons une capacité d'intervention avec 
un très court préavis grâce à un échelon local et grâce aux 
unités de l'opération Barkhane et aux autres forces 
prépositionnées en Afrique", a précisé le ministre. 
    Lancée sous mandat de l'Onu le 5 décembre 2013 pour mettre 
fin à un cycle de violences entre communautés, Sangaris -- du 
nom d'un papillon africain -- a mobilisé au plus fort de la 
crise plus de 2.000 hommes. 
    Les effectifs militaires français ont été ramenés en juin à 
350 hommes qui font désormais office de réserve tactique au 
profit des 12.500 casques bleus de la Minusca, appuyés par 
l'Union européenne. 
     
    INQUIÉTUDE 
    D'ici début 2017, le contingent passera sous les 300 hommes 
: 90 déployés au sein de la mission européenne EUTM RCA, 90 au 
sein d'une unité de soutien à la Minusca en matière de drones 
tactiques et 80 composant une force de réaction rapide au profit 
des forces nationales centrafricaines.  
    Si la situation dans le pays n'a plus rien à voir avec celle 
qualifiée de "prégénocidaire" de 2013, le pays est toujours en 
proie à des violences. Vingt-cinq personnes ont encore été tuées 
vendredi dans des violences déclenchées par des groupes armés à 
Bambari et ses environs, au nord-est de la capitale Bangui, 
selon la Minusca. 
    La présence des contingents français et de la Mission 
multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la 
stabilisation en Centrafrique (Minusca) a permis de rétablir un 
calme fragile et d'organiser des élections, qui ont porté en 
février 2016 Faustin Archange Touadéra à la tête du pays.    
    "Le départ de Sangaris est pour nous, disons-le franchement, 
une source d'inquiétude", a déclaré lundi le président de 
l'Assemblée nationale centrafricaine. 
    "La sécurité n'est toujours pas garantie sur tout le 
territoire. Pire, le départ annoncé de Sangaris semble doper les 
ardeurs belliqueuses des uns et des autres", a ajouté Abdoul 
Karim Meckassoua lors d'un discours à l'Assemblée. 
    Interrogé sur ces inquiétudes, Jean-Yves Le Drian a rappelé 
que la mission Sangaris avait vocation à être éphémère et a 
appelé à renforcer les outils de sécurité intérieure. 
    En cas de nouvelle spirale de violences, la France, 
également présente dans la région à N'Djamena et Libreville, 
serait par ailleurs en mesure d'intervenir rapidement si Bangui 
en faisait la demande, souligne-t-on à Paris. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant