La France livre aux USA leur première ferme éolienne off-shore

le
0
    * Une réalisation de l'usine GE de Montoir-de-Bretagne 
    * Cinq éoliennes au large de Rhode Island 
    * Un marché en pleine expansion 
 
    par Guillaume Frouin 
    MONTOIR-DE-BRETAGNE, Loire-Atlantique, 12 juillet (Reuters) 
- L 'usine d'assemblage General Electric (ex-Alstom) de 
Montoir-de-Bretagne livre cette semaine la première "ferme 
éolienne" des Etats-Unis, sa première réalisation du genre dont 
elle entend faire une vitrine du savoir-faire français. 
    Les cinq éoliennes du champ marin de Block Island, une 
petite île au large de Rhode Island, seront mises en service en 
décembre prochain et pourront produire de l'électricité pour 
17.000 foyers. 
    Conçues avec des pales danoises, des mâts espagnols et des 
turbines françaises, elles ont été assemblées pour le groupe 
Deepwater Wind, leader américain de l'éolien offshore qui 
travaille déjà à d'autres « fermes éoliennes » au large des 
Etats de New York et du Massachusetts. 
    Ce modèle d'aérogénérateurs, baptisé « Haliade », n'est 
toutefois pas inédit : l'usine nazairienne en avait déjà 
installé un premier prototype au Carnet (Loire-Atlantique), à 
terre, puis un second au large d'Osterild (Danemark). 
    Presque deux fois plus haut que la tour-horloge "Big Ben" de 
Londres, il balaye avec ses pales hors normes l'équivalent de la 
surface de trois terrains de football. 
    L'envergure de ce premier parc reste par ailleurs bien 
moindre que celui de Borkum (Allemagne), pour lequel GE va 
assembler soixante-six machines à partir du mois d'août. 
    L'industriel américain attend également le feu vert d'EDF 
pour lancer la fabrication des 238 éoliennes des premiers champs 
français de Courseulles-sur-Mer (Calvados), Fécamp 
(Seine-Maritime) et Saint-Nazaire. 
    "Block Island est un petit projet, mais il est fondamental : 
notre client Deepwater Wind, qui a pris le risque d'être la tête 
de pont du projet, a permis de lancer l'usine", souligne Pascal 
Girault, directeur du site GE de Montoir-de-Bretagne.  
    "L'enjeu pour nous, c'est désormais d'assembler quatre à 
cinq machines comme celles-ci tous les mois", précise-t-il. 
     
    UN MARCHÉ PROMETTEUR 
    Bien que balbutiant, le marché américain est "extrêmement 
intéressant et prometteur", ajoute David Benveniste, responsable 
des ventes chez GE pour les Etats-Unis et l'Asie. Vingt-et-un 
projets y sont actuellement en cours de développement, à des 
stades plus ou moins avancés. 
    Les premières éoliennes américaines devraient ainsi produire 
3,3 gigawatts (GW) d'électricité d'ici 2020, alors que le 
gouvernement fédéral s'est fixé un objectif de 80 GW d'ici 2050. 
    Le potentiel d'éolien off-shore du pays serait quant à lui 
de 4.000 GW, selon des données des autorités fédérales reprises 
par GE. 
    Dans l'immédiat, l'Europe reste un marché bien plus 
important pour la filière des éoliennes en mer : 25 GW devraient 
être mis en service d'ici 2020, dont plus de la moitié au large 
des côtes du Royaume-Uni. 
    La France, pour sa part, s'était fixé en 2009 un objectif de 
6 GW d'éolien off-shore d'ici 2020. Le gouvernement a lancé en 
ce sens un troisième appel d'offres, auquel General Electric 
participe aux côtés d'EDF. 
    GE emploie actuellement 130 personnes dans son usine 
d'assemblage de Montoir-de-Bretagne, inaugurée en novembre 2014 
au pied du pont de Saint-Nazaire. 
    L'industriel -- qui emploie également 174 salariés dans son 
centre d'ingénierie de Nantes -- entend au final créer "1.000 
emplois directs et 4.000 indirects" en France avec l'éolien 
off-shore. 
 
 (Edité par Sophie Louet) 
 

Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant