La France lance une opération qu'elle veut brève en Centrafrique

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L?INTERVENTION FRANÇAISE EN CENTRAFRIQUE LANCÉE DÈS CE JEUDI
L?INTERVENTION FRANÇAISE EN CENTRAFRIQUE LANCÉE DÈS CE JEUDI

PARIS (Reuters) - François Hollande a lancé dans l'urgence jeudi soir l'opération Sangaris en République centrafricaine, où la France va déployer 1.200 hommes pour une intervention sous mandat de l'Onu présentée comme humanitaire et que la France annonce brève.

Il s'agit de la plus importante action militaire française en Afrique depuis l'opération Serval lancée en janvier au Mali contre les islamistes qui tenaient alors le nord du pays.

"Vu l'urgence, j'ai décidé d'agir immédiatement, c'est-à-dire dès ce soir, en coordination avec les Africains et avec le soutien des partenaires européens", a déclaré François Hollande à l'issue d'un conseil restreint de défense à l'Elysée.

"Cette intervention sera rapide, elle n'a pas vocation à durer et je suis sûr de son succès", a-t-il ajouté lors d'une déclaration télévisée.

Devant l'aggravation de la situation sur le terrain, le chef de l'Etat a choisi ne pas attendre, comme prévu, la fin du sommet sur la paix et la sécurité en Afrique, qui doit réunir une quarantaine de chefs d'Etat et de gouvernement africains vendredi et samedi à Paris.

La situation en Centrafrique doit faire l'objet d'un mini-sommet samedi après-midi dans la capitale française.

François Hollande a précisé que l'effectif de 600 militaires français actuellement sur place serait doublé "d'ici quelques jours pour ne pas dire quelques heures".

EXPLICATIONS AU PARLEMENT

Le gouvernement "fournira toutes les explications au Parlement" sur cette nouvelle opération "dès la semaine prochaine", a encore précisé le chef de l'Etat.

La France a reçu le feu vert de l'Onu via une résolution à adoptée à l'unanimité pour intervenir dans ce pays livré au chaos, où les combats ont fait près une centaine de morts jeudi dans la capitale, Bangui.

La résolution du Conseil de sécurité donne un mandat de six mois aux troupes françaises et à la force africaine de stabilisation de la Centrafrique, la Misca, pour rétablir la sécurité dans le pays.

François Hollande a décrit une situation "effrayante" et des violences commises "jusque dans les hôpitaux", soulignant le "devoir d'assistance et de solidarité à l'égard d'un petit pays, pays ami, pays le plus pauvre".

Les soldats français devraient être bientôt rejoints par un contingent de 850 soldats du Burundi, portant à 4.400 les effectifs de la Misca.

Dans l'attente du vote de l'Onu, intervenu à 15h00 GMT, environ 250 soldats français ont patrouillé dans les rues de Bangui pour protéger les quelque 500 ressortissants français de Centrafrique - des binationaux pour la plupart.

Selon l'entourage de François Hollande, des regroupements sont proposés à ces derniers pour se placer sous la protection de l'armée française et ainsi échapper à d'éventuelles représailles de bandes armées.

PAS D'ÉVACUATION DES FRANÇAIS POUR L'INSTANT

Le ministère français des Affaires étrangères a indiqué qu'il n'y avait pas, pour l'heure, d'ordre d'évacuation des ressortissants français.

Selon le colonel Gilles Jarron, porte-parole de l'état-major des armées françaises, sur les 650 soldats français aujourd'hui déployés dans le pays, "un bon tiers" sont des spécialistes du génie de l'air, de la logistique et des services des essences et des transmissions.

Ils préparent notamment l'aéroport de Bangui-M'Poko, accès stratégique et pratiquement unique, à recevoir les hommes et les équipements qui seront envoyés des bases françaises en Afrique.

Selon Gilles Jarron, plusieurs centaines de Centrafricains ont afflué à proximité de l'aéroport pour bénéficier de la protection des troupes françaises.

La France a aussi prépositionné 350 soldats et du matériel dans le port camerounais de Douala. Une partie des contingents français basés au Tchad (environ 900) et au Gabon (environ 900, dont 450 permanents) pourrait être mise à contribution.

La République centrafricaine est plongée dans le chaos depuis que les rebelles de la Séléka ont chassé le président François Bozizé du pouvoir, en mars. Leur chef, Michel Djotodia, aujourd'hui président par intérim, ne contrôle pas ses troupes, dont beaucoup sont originaires du Tchad et du Soudan voisins.

Des milices chrétiennes "anti-balaka" se sont formées en réaction aux violences des ex-rebelles maintenant au pouvoir.

Avec John Irish, Marine Pennetier et Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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  • titide le vendredi 6 déc 2013 à 12:03

    Hollande a le don d'aller chercher des ennuis;çà se finira encore par des prises d'otages innocents ????