La France juge le "régime de calme" en Syrie insuffisant

le
0
    PARIS, 7 juillet (Reuters) - Le "régime de calme" instauré 
pour trois jours par l'armée syrienne à l'occasion de la fête 
musulmane de l'Aïd el Fitr est insuffisant et ne sera jugé qu'à 
l'aune des résultats sur le terrain, a déclaré jeudi le 
ministère français des Affaires étrangères.  
    "Nous avons pris note de cette annonce", a dit le 
porte-parole du Quai d'Orsay lors d'un point presse. "Elle reste 
toutefois largement en-deçà des engagements pris à Vienne en 
faveur d'une trêve durable et globale." 
    L'armée syrienne a annoncé mercredi l'instauration d'un 
"régime de calme" de 72 heures, un principe accepté par les 
rebelles de l'Armée syrienne libre (ASL) à condition que le 
gouvernement syrien le respecte. 
    Mais des combats et des frappes aériennes ont depuis été 
signalés  ID:nL8N19S1Z2 .  
    Il s'agit de la première trêve nationale depuis celle de 
février, qui avait été négociée par les grandes puissances pour 
faciliter les discussions de paix de Genève. Elle a depuis volé 
en éclats et les négociations ont été rompues en avril. 
    "La France rappelle que la trêve, censée s'appliquer à 
l'ensemble des parties à l'exception des groupes terroristes, a 
été violée continuellement par le régime et ses soutiens depuis 
février", a dit le porte-parole. "Ils ont en effet poursuivi 
leurs bombardements quotidiens sur les positions de l'opposition 
modérée et sur les civils."  
    "Nous jugerons donc l'annonce d'un 'régime de calme' à 
l'aune des résultats concrets qui seront obtenus sur le 
terrain", a-t-il ajouté. "Sans un respect entier et durable de 
la trêve et sans un accès humanitaire complet et continu à 
toutes les populations dans le besoin en Syrie, il est illusoire 
d'attendre une reprise des négociations."  
    Le conflit syrien, qui a fait plusieurs millions de déplacés 
et plus de 280.000 morts, a commencé en mars 2011 sous la forme 
d'une contestation pacifique et s'est transformé 
progressivement, sous l'effet de la répression, en rébellion 
armée, rejointe par la suite par des groupes djihadistes, dont 
l'Etat islamique.  
    La France, qui apporte son soutien à l'opposition modérée 
syrienne, a rompu ses liens diplomatiques avec la Syrie en mars 
2012 pour protester contre la répression orchestrée par Bachar 
al Assad. Elle participe militairement à la coalition anti-EI 
dans le pays depuis septembre 2015.  
 
 (Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant