La France honore la première victime de Merah, un an après

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par Guillaume Serries

TOULOUSE (Reuters) - Un hommage solennel a été rendu lundi à Toulouse au parachutiste Imad Ibn Ziaten, première victime de Mohamed Merah, tombé sous les balles du "tueur au scooter" le 11 mars 2012.

Un an jour pour jour après le premier des sept meurtres commis par Mohamed Merah, une plaque commémorative a été dévoilée tout près des lieux du crime par le maire socialiste de Toulouse, Pierre Cohen, en présence de la mère de la victime, Latifa Ibn Ziaten.

"Je suis triste et je suis fière en même temps", a-t-elle dit, écrasée par l'émotion. Latifa Ibn Ziaten se consacre depuis la mort de son fils à sensibiliser les familles de jeunes en rupture, insistant sur la responsabilité des parents dans leur éducation.

Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a présidé un peu plus tard une cérémonie de remise de la Légion d'honneur à titre posthume à Imad Ibn Ziaten, dans sa caserne du 1er Régiment du train parachutiste (RTP) à Cugnaux, dans la banlieue toulousaine.

"Ce qui s'est passé le 11 mars 2012 n'a pas seulement ébranlé la communauté militaire", a dit Jean-Yves Le Drian. "Dans sa chair, c'est la communauté nationale qui a été touchée".

Le ministre a rappelé l'immense émotion qui avait frappé la France lors de ce qu'il a appelé les "jours d'effroi" de mars 2012, dénonçant la "lâcheté" et la "cruauté" des sept meurtres commis par Mohamed Merah, auxquelles, a-t-il dit, "personne n'était préparé".

Se réclamant d'Al Qaïda, Mohamed Merah a tué à Toulouse et Montauban trois militaires ainsi qu'un professeur et trois élèves d'une école juive avant d'être abattu par la police au terme d'un long siège de son domicile toulousain.

"C'EST LA FRANCE QU'ON A VOULU TOUCHER"

Le 11 mars 2012, Mohammed Merah avait piégé sa première victime en se faisant passer pour un acheteur intéressé par la moto du militaire.

Quatre jours après, le "tueur au scooter" abattait deux autres parachutistes, Abel Chennouf et Mohamed Legouad, à Montauban, et blessait grièvement un troisième, Loïc Liber

Le 19 mars, il assassinait devant l'école juive Ozar Hatorah de Toulouse l'enseignant Jonathan Sandler, ses deux fils et une fillette.

Le 22 mars, après un siège de 32 heures de son domicile, Mohamed Merah était abattu par les hommes du Raid.

"Qu'il s'agisse d'enfants ou de soldats, ce sont des Français, et c'est la France qu'on a voulu toucher", a dit Jean-Yves Le Drian lors de la cérémonie de lundi. "C'est cette même France, rassemblée, qui se recueille un an après dans le souvenir des drames de Toulouse et de Montauban".

Le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a réaffirmé début mars que des "fautes" avaient été commises par les services de renseignement français lors de l'affaire.

Dans un rapport publié en octobre dernier, l'inspection générale de la police a relevé des "défaillances objectives", en particulier de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), concernant la dangerosité de Mohamed Merah.

L'enquête en cours doit déterminer si Mohamed Merah a bénéficié de complicités. L'un de ses frères, Abdelkader Merah, a été mis en examen pour complicité d'assassinats et incarcéré. Son avocat a demandé sa remise en liberté.

Une marche blanche se déroulera le 17 mars à Toulouse en mémoire des victimes du tueur.

Edité par Patrick Vignal

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  • LeRaleur le lundi 11 mar 2013 à 14:40

    Et pourquoi ne pas parler des 3 derniers ?