La France expulse l'ambassadrice de Syrie à Paris

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La France expulse l'ambassadrice de Syrie à Paris
La France expulse l'ambassadrice de Syrie à Paris

PARIS (Reuters) - La France a accentué mardi la pression sur les autorités syriennes en décidant d'expulser l'ambassadrice de Syrie à Paris, une initiative coordonnée avec d'autres capitales, a annoncé mardi François Hollande.

Son expulsion a été notifiée dans la journée à Lamia Chakkour, qui est aussi ambassadrice auprès de l'Unesco, a précisé le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, en marge d'un point de presse avec son homologue sud-africaine.

François Hollande rencontrera vendredi à Paris le président russe Vladimir Poutine, dont le pays est un allié traditionnel du régime de Bachar al Assad.

Le président français a annoncé par ailleurs pour "début juillet" à Paris une réunion du groupe des amis de la Syrie, un rendez-vous attendu depuis des mois.

Même si François Hollande ne l'a pas mentionné, la décision de la France d'expulser l'ambassadrice de Syrie est à rapprocher du massacre d'au moins 108 personnes survenu vendredi dans la localité syrienne de Houla.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a condamné cette tuerie, qui a conduit l'Australie à expulser les hauts diplomates syriens présents sur son territoire, bientôt imitée par la France.

Le Canada et l'Allemagne ont suivi le mouvement dès mardi et, selon des diplomates, le Royaume-Uni s'apprête à faire de même.

"C'est une décision pas unilatérale de la France, mais concertée avec nos partenaires", a précisé le chef de l'Etat, qui avait évoqué le dossier syrien lundi avec le Premier ministre britannique, David Cameron.

Quant à la réunion du "groupe des amis de la Syrie", en cours de préparation, elle "aura lieu début juillet. Nous cherchons une date", a dit François Hollande.

"L'ASSASSIN DE SON PEUPLE"

Dans un entretien au Monde daté du 30 mai, Laurent Fabius estime que le massacre de Houla "peut avoir comme conséquence que des pays jusque-là réticents évoluent" sur la question syrienne.

Le nouveau chef de la diplomatie française, qui s'est entretenu avec le secrétaire général de l'Onu Ban Ki-moon, estime que Bachar al Assad, "l'assassin de son peuple", "doit quitter le pouvoir".

"Le plus tôt sera le mieux", ajoute Laurent Fabius, en rappelant que la France est favorable à la saisine de la Cour pénale internationale (CPI).

Le massacre "épouvantable" de Houla "peut avoir comme conséquence que des pays jusque-là réticents évoluent".

Les autorités syriennes ont imputé lundi à des islamistes armés la responsabilité du massacre de Houla et nié que des blindés de l'armée syrienne se soient trouvés dans la région au moment de la tuerie.

Dans une lettre adressée au Conseil de sécurité des Nations unies, le ministère syrien des Affaires étrangères affirme que les assassins ont tué à l'arme blanche, ce qui, ajoute-t-il, est la "signature" des attaques menées par des militants islamistes.

Des témoins et des militants de l'opposition au régime syrien affirment, eux, que le massacre est l'oeuvre des forces de Bachar al Assad, les seules disposant de pièces d'artillerie et de blindés.

Le carnage de Houla est le plus meurtrier depuis l'entrée en vigueur théorique, le 12 avril dernier, du cessez-le-feu négocié par Kofi Annan, qui s'est dit "horrifié".

Arrivé lundi à la mi-journée à Damas, l'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe a été reçu dans la matinée par le président Assad.

Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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