La France et les USA d'accord pour une lutte accrue contre l'EI

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    * Le président français appelle à une lutte "implacable" 
    * Il demande de soutenir les combattants au sol 
    * Obama promet un meilleur échange d'informations 
 
 (Actualisé avec citations, précisions) 
    par John Irish et Julia Edwards 
    WASHINGTON, 25 novembre (Reuters) - Les Etats-Unis et la 
France ont décidé mardi d'intensifier leurs opérations 
militaires contre l'Etat islamique (EI, Daech) en Syrie et en 
Irak et de coordonner leurs renseignements sur la menace 
intérieure après les attentats du 13 novembre à Paris. 
    "Nous ne laisserons pas abîmer le monde et, face à Daech, 
nous devons avoir une réponse commune, collective et 
implacable", a déclaré à la presse François Hollande au terme 
d'un entretien d'une heure quarante avec Barack Obama à la 
Maison blanche. 
    Le président français a appelé à livrer contre l'Etat 
islamique avec l'appui de son homologue américain, une bataille 
"commune, collective et implacable", avec des frappes au coeur 
des villes occupées et l'appui de combattants au sol. 
    Sur le plan militaire, "il s'agit de détruire Daech partout 
où il se trouve, de couper ses sources de financement, de 
traquer ses dirigeants, de démanteler ses réseaux et de 
reconquérir les territoires qu'il contrôle", a énuméré François 
Hollande lors d'une conférence de presse avec Barack Obama.  
    "La priorité est la reprise des points-clés occupés par 
Daech en Syrie", a insisté le président français, expliquant que 
les frappes françaises se feraient au coeur même des villes 
occupées par Daech, contre des centres de commandement et de 
formation. 
    La France et les Etats-Unis ont décidé à cette fin 
"d'intensifier (leurs) frappes, d'élargir leur portée, de 
renforcer les échanges de renseignement sur les cibles", a dit 
François Hollande. 
    Alors que les deux chefs d'Etat s'exprimaient, une opération 
conjointe franco-américaine a touché un centre de commandement 
de l'EI à Tal Afar, une ville située à l'ouest de Mossoul en 
Irak.  ID:nL8N13J5DA  
    "Nous avons obtenu ce que nous sommes venus chercher", a 
déclaré un haut responsable français, sans vouloir expliciter. 
"L'intensification de l'action a été accrue de trois degrés." 
    Le soutien des rebelles sur le terrain a été réaffirmé, a 
ajouté ce responsable, notamment en matière d'équipement et de 
formation. 
     
    UNE PETITE PORTION DE FRONTIERE 
    François Hollande mène une offensive diplomatique tous 
azimuts pour tenter de mettre sur pied une coalition unique 
contre l'EI. Après avoir vu lundi le Premier ministre 
britannique David Cameron et mardi Barack Obama, le président 
français aura un dîner informel avec la chancelière allemande 
Angela Merkel. Il est attendu jeudi à Moscou. 
    Barack Obama a reconnu que les Américains craignaient de 
nouveaux attentats du genre de ceux perpétrés à Paris. Il a 
appelé les pays européens à partager plus de renseignements à 
propos des personnes qui partent d'Europe pour se rendre au 
Proche-Orient. 
    "Nous pouvons faire mieux en matière de coordination entre 
les pays", a déclaré Barack Obama en offrant de partager les 
outils américains de filtrage des réfugiés venus des zones de 
conflit.   
     François Hollande a aussi jugé urgent de fermer la 
frontière syro-turque "pour qu'aucun terroriste ne vienne en 
Europe pour perpétrer des actes barbares".  
    Le responsable français a évoqué une petite portion de 
frontière que la Turquie n'a toujours pas fermée au nord d'Alep 
et que l'EI utilise pour faire passer des biens et des 
marchandises. 
    Au plan diplomatique, François Hollande a de nouveau prôné 
une "transition politique crédible" en Syrie, ce qui revient à 
établir "un calendrier précis permettant un cessez-le-feu et 
l'ouverture d'un processus conduisant au départ de Bachar al 
Assad". 
    Onze jours après les attentats qui ont fait 130 morts à 
Paris, Barack Obama a dit sa solidarité en déclarant en français 
: "Nous sommes tous Français". Il a expliqué qu'il avait une 
photo dans sa chambre à la Maison blanche où il embrasse son 
épouse Michelle dans les jardins du Luxembourg à Paris.  
    "Le 11 septembre (2001-NDLR), tous les Français étaient 
Américains et après le 13 novembre, les Américains étaient 
Français. Nos deux peuples fusionnés dans la même émotion mais 
surtout dans la même défense de la liberté", a dit François 
Hollande. "En attaquant la France, c'était le monde entier que 
les terroristes, les assassins lâches de Daech, voulaient 
viser". 
    Et Barack Obama de conclure : "Vive la France!" 
 
 (Avec Elizabeth Pineau et Marine Pennetier à Paris; Danielle 
Rouquié pour le service français) 
 
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