La France et le Maroc rétablissent leur coopération judiciaire

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(Actualisé avec chef de la diplomatie marocaine, précisions) PARIS, 31 janvier (Reuters) - La France a annoncé samedi le rétablissement de sa coopération judiciaire avec le Maroc, près d'un an après sa suspension décidée par Rabat sur fond de vives tensions diplomatiques, premier acte d'un rapprochement entre les deux pays engagés dans la lutte anti-djihadiste. La garde des Sceaux Christiane Taubira et son homologue Moustapha Ramid ont décidé "du rétablissement immédiat de la coopération judiciaire et juridique entre la France et le Maroc ainsi que du retour des magistrats de liaison", indique le ministère français de la Justice dans un communiqué. Lors de discussions jeudi et vendredi à Paris, les deux ministres se sont mis d'accord sur un texte amendant la convention d'entraide judiciaire franco-marocaine "permettant de favoriser, durablement, une coopération plus efficace entre les autorités judiciaires des deux pays et de renforcer les échanges d'informations, dans le plein respect de leur législation, de leurs institutions judiciaires et de leurs engagements internationaux". Cet amendement, paraphé par Christiane Taubira et Moustapha Ramid, doit maintenant être ratifié par les deux pays. Les discussions, qui se sont déroulées dans un "esprit très constructif et un climat de confiance", visaient à préserver "le partenariat d'exception qui caractérise la relation entre les deux pays", souligne le ministère de la Justice. Dans une interview à Reuters, le chef de la diplomatie marocaine Salaheddine Mezouar s'est félicité de ce "dénouement heureux" et a qualifié l'amendement d'accord "gagnant-gagnant". "On a atteint l'objectif commun : le respect de nos institutions et de nos législations, le respect de nos engagements mais surtout éviter que des malentendus puissent se produire à l'avenir et venir polluer cette relation que nous avons construite depuis de longues années", a-t-il dit au téléphone. COOPÉRATION SÉCURITAIRE "Ce que nous avons toujours demandé, et sur lequel nous avons insisté, c'est qu'il faut prendre en considération que le Maroc est un pays qui exige de ses partenaires le respect de ses institutions", a-t-il ajouté. "On ne peut pas se permettre d'autoriser n'importe qui à venir salir la réputation et la crédibilité de nos responsables." Les accords de coopération judiciaire entre le Maroc et la France avaient été suspendus le 27 février 2014 à l'initiative de Rabat pour protester contre le dépôt, en France, de plaintes visant son patron du renseignement Abdellatif Hammouchi pour "torture" et "complicité de torture". Les relations entre Rabat et Paris s'étaient encore envenimées en mars 2014 avec la fouille du chef de la diplomatie marocaine à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Au delà de l'impact sur le plan pénal et civil( ID:nL6N0LW2CH ), le froid diplomatique a pesé sur la coopération sécuritaire entre les deux pays à l'heure où plusieurs milliers de Français et de Marocains auraient rejoint les rangs de l'Etat islamique (EI) en Syrie et en Irak. Le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius avait déclaré à la mi-janvier que le rétablissement de la coopération policière et judiciaire était "une nécessité absolue" face à la menace djihadiste et avait annoncé qu'il se rendrait prochainement au Maroc. Les chefs de la diplomatie des deux pays devraient se rencontrer "au cours des prochains jours" à Paris ou à Rabat pour finaliser le processus, a indiqué Salaheddine Mezouar. (Chine Labbé et Marine Pennetier, édité par Tangi Salaün)

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