La France espère unir le Conseil de sécurité sur la Syrie

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NATIONS UNIES (Reuters) - La France espère amener ce mardi le Conseil de sécurité des Nations unies à exprimer un soutien unanime aux efforts de Kofi Annan pour obtenir un arrêt des violences en Syrie.

La représentation française au siège new-yorkais de l'Onu a soumis lundi au Conseil de sécurité un projet de déclaration présidentielle, "plus facile à négocier" qu'une résolution, selon les termes de l'ambassadeur français Gérard Araud.

"C'est le texte le moins sujet à controverse que nous puissions proposer et j'espère qu'il sera adopté demain", a déclaré lundi Gérard Araud, qui s'exprimait en anglais.

"Kofi Annan réclame le soutien du Conseil (...) et il veut montrer que l'ensemble du Conseil est derrière lui. C'est l'objet de ce texte. Uniquement de fournir un soutien à Kofi Annan. Il ne s'agit pas de la situation en Syrie, qui serait un autre sujet", a-t-il ajouté.

Emissaire de l'Onu et de la Ligue arabe, Kofi Annan a réclamé ce soutien vendredi. La France et ses alliés occidentaux et arabes jugent qu'il faut le lui apporter rapidement en raison de la dégradation de la situation en Syrie, où plus de 8.000 personnes sont mortes depuis le début du soulèvement contre le régime de Bachar al Assad en mars 2011, selon l'Onu.

"La situation est devenue inacceptable et intolérable", a déclaré mardi le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, lors d'un déplacement en Indonésie. "J'espère que le Conseil de sécurité sera en mesure d'être uni afin de parler d'une seule et même voie."

Kofi Annan a dépêché lundi à Damas une délégation de cinq experts chargés d'évoquer avec les autorités l'éventualité du déploiement d'observateurs internationaux en Syrie.

Contrairement à une résolution, une déclaration présidentielle du Conseil de sécurité de l'Onu n'a généralement pas de valeur contraignante mais elle doit être adoptée à l'unanimité.

La Russie et la Chine ont à deux reprises opposé leur veto à des projets de résolution sur la Syrie, dont le dernier appuyait le plan de sortie de crise de la Ligue arabe prévoyant la mise à l'écart de Bachar al Assad.

Alliée de Damas, la Russie s'est prononcée lundi en faveur de trêves quotidiennes afin de permettre au Comité international de la Croix-Rouge de porter secours aux blessés alors que l'affrontement entre le pouvoir et ses opposants prend de plus en plus des allures de guerre civile.

Ni le régime ni les rebelles ne semblent toutefois se diriger vers un apaisement.

Des affrontements, les plus violents dans la capitale syrienne depuis le début du soulèvement, ont ainsi éclaté lundi à Damas, non loin de plusieurs sites du pouvoir.

Louis Charbonneau aux Nations unies, Khaled Yacoub Oweis à Amman; Bertrand Boucey pour le service français

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