La France dit rester mobilisée pour ses otages au Mali

le
0
LA FRANCE DIT RESTER MOBILISÉE POUR SES OTAGES AU MALI
LA FRANCE DIT RESTER MOBILISÉE POUR SES OTAGES AU MALI

PARIS (Reuters) - La France reste déterminée à obtenir la libération de ses otages détenus au Mali et se refuse à commenter les menaces formulées par leurs ravisseurs, a déclaré jeudi le ministère des Affaires étrangères.

Les six Français détenus par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) ont été menacés de mort dans un message présumé de ce mouvement extrémiste, publié par le site internet mauritanien Sahara Media Agency, un de ses canaux de communication.

"Les vérifications sont en cours, nous ne formulerons pas de commentaires", a réagi le porte-parole du Quai d'Orsay lors d'un point de presse.

"Tout est fait, avec la plus grande détermination et responsabilité, pour que nos compatriotes puissent retrouver tous leur famille et leurs proches", a-t-il ajouté, soulignant que les autorités françaises restaient "pleinement mobilisées".

Les auteurs du message, qui s'adressent aux familles de quatre des six otages, accusent les nouveaux dirigeants français de ne pas "s'attaquer aux causes réelles qui ont fait que les intérêts de la France sont menacés par les moudjahidine."

Au lieu de "corriger les erreurs" que sont "l'occupation de terres musulmanes et la lutte contre l'Islam et son peuple", ajoutent-ils, "nous les avons vu récemment aggraver les choses (...) et appeler à envahir les terres musulmanes au Mali".

La position de la France quant à une intervention militaire au Mali reste sa disponibilité à apporter un appui logistique, mais uniquement dans le cadre d'une initiative africaine sous mandat international, a rappelé jeudi un porte-parole du ministère de la Défense.

LA SITUATION POURRAIT ÉVOLUER

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a également réaffirmé que la France apporterait "un soutien logistique" s'il y avait une intervention armée.

"La France a dit qu'elle apportera son concours et son soutien et j'espère que d'autres pays européens agiront de même mais en soutien logistique pas en intervention directe", a-t-il dit sur i>TELE.

Jean-Yves Le Drian a souligné que cette initiative "en cours de gestation" serait évoquée par François Hollande "à New York la semaine prochaine lors de l'assemblée générale de l'Onu".

La mobilisation internationale s'accroît cependant et la situation explosive au Mali et dans sa région sera évoquée mercredi prochain lors d'une conférence de haut niveau sur le Sahel présidée par le secrétaire général des Nations unies, à laquelle la France participera, a-t-il ajouté.

"Les choses évolueront peut-être après cette conférence", a-t-il dit.

En visite à Paris, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, a déclaré mercredi que les otages étaient toujours en vie mais qu'il n'y avait pas de négociations.

Les ravisseurs ont diffusé il y a une quinzaine de jours une vidéo montrant quatre Français enlevés le 16 septembre 2010 à Arlit, dans le Nord du Niger, où ils travaillaient pour le groupe nucléaire Areva et un de ses sous-traitants. Les deux autres otages français sont deux hommes enlevés le 24 novembre 2011 dans le nord du Mali.

François Hollande a reçu il y a une semaine les familles des otages, qui ne sont pas vraiment sorties rassurées de cet entretien.

Les islamistes se sont emparés du nord du Mali en exploitant la confusion qui a suivi un coup d'Etat militaire en mars à Bamako et la progression des rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l'Azawad (MNLA).

La situation au Mali est pour la France "un sujet d'inquiétude absolument majeur", confiait mercredi à Reuters la députée socialiste Elisabeth Guigou, présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Patrick Vignal, avec John Irish, édité par Yves Clarisse

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant