La France défie Bruxelles sur son effort sur le déficit

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* Un effort structurel 2016-2017 plus faible que recommandé * La France veut préserver la croissance * Paris assume le débat avec la Commission, dit Sapin (Actualisé avec Sapin, Eckert et nouveaux éléments) par Jean-Baptiste Vey PARIS, 15 avril (Reuters) - La France a annoncé mercredi un effort de réduction de son déficit public structurel (hors effet de la conjoncture) inférieur aux souhaits des instances européennes, invoquant la nécessité de ne pas porter atteinte à la reprise de l'économie. L'application stricte de la recommandation faite fin février par la Commission ID:nL5N0W146T "aurait fait chuter la croissance et par là même nous aurait empêché de faire reculer le chômage", a déclaré le ministre des Finances, Michel Sapin. "Nous avons considéré qu'une autre voie était possible", a-t-il ajouté lors de la présentation à la presse du programme de stabilité de la France pour 2015 à 2018 qui sera remis à Bruxelles. Concrètement, le déficit structurel baissera de 0,5 point par an sur 2015, 2016 et 2017, ce qui nécessitera un effort supplémentaire de quatre milliards d'euros sur les finances publiques cette année puis cinq milliards l'an prochain, a indiqué Michel Sapin. C'est moins que ne l'a recommandé la Commission européenne - 0,5 point cette année puis 0,8 et 0,9 point respectivement pour 2016 et 2017 - en donnant à Paris un nouveau délai de deux ans, jusqu'en 2017, pour ramener son déficit dans les clous du pacte de stabilité, sous 3% du produit intérieur brut. "La reprise est bien en cours et la préoccupation de toute l'Europe aujourd'hui, c'est de conforter la croissance qui est encore trop timide", a expliqué Michel Sapin. Avec la Commission, "le débat est parfaitement légitime, nous le porterons". Le gouvernement avait dévoilé la semaine passée de nouveaux objectifs de déficit "nominaux" pour 2015, 2016 et 2017, légèrement plus ambitieux que ceux figurant dans la recommandation de l'exécutif européen, avec une trajectoire à 4% fin 2014, 3,8% en 2015, 3,3% en 2016 puis 2,7% en 2017. ID:nL5N0X5303 et ID:nL5N0X53DA La partie structurelle du déficit passerait dans le même temps à 1,6% fin 2015, 1,1% fin 2016 et 0,6% fin 2017. Les quatre milliards d'euros d'effort supplémentaire programmés pour 2015 viendront pour plus de moitié de nouvelles économies - 1,2 milliard de l'Etat et ses opérateurs, 1 milliard de la santé et de la protection sociale - pour 1,2 milliard de la baisse de la charge de la dette grâce aux taux d'intérêt très bas, pour 0,4 milliard de la lutte contre la fraude fiscale et 0,2 milliard de dividendes. "Ce n'est pas un effort de rigueur ou d'austérité supplémentaire", a déclaré le secrétaire d'Etat au Budget, Christian Eckert. Les cinq milliards de 2016 proviendront quant à eux pour 1,6 milliard de l'Etat et ses opérateurs, 2,2 milliards des administrations de sécurité sociale et 1,2 milliard des collectivités territoriales. (édité par Yann Le Guernigou et Yves Clarisse)

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  • a.guer le mercredi 15 avr 2015 à 13:17

    En fait ce gouvernement fait tout pour ne pas avoir à réduire ses dépenses, de peur de perdre son électorat : c'est lamentable ! Espérons que les instances européennes seront inflexibles , mais j'en doute

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