La France "défendra jusqu'au bout" l'exception culturelle

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LA FRANCE VA DÉFENDRE L'EXCEPTION CULTURELLE
LA FRANCE VA DÉFENDRE L'EXCEPTION CULTURELLE

PARIS (Reuters) - La France "défendra jusqu'au bout l'exception culturelle" dans les négociations sur un accord de libre-échange entre l'Europe et les Etats-Unis, quitte à être la seule à le faire, a déclaré mercredi la ministre de la Culture, Aurélie Filippetti.

La Commission européenne a donné en mars son feu vert à l'ouverture de négociations pour un accord de libre-échange avec les Etats-Unis. Le secteur audiovisuel est inclus dans le mandat de négociations, ce que la France refuse.

Les Etats membres de l'Union européenne examineront le dossier vendredi lors d'une réunion des ministres du Commerce à Luxembourg.

"La France défend et défendra jusqu'au bout l'exception culturelle", a déclaré Aurélie Filippetti à la sortie du conseil des ministres.

"Pour le président de la République, pour l'ensemble du gouvernement, c'est une ligne rouge", a ajouté la ministre de la Culture. "La France s'enorgueillit de défendre et de continuer à défendre, fût-elle seule, l'exception culturelle".

L'exception culturelle désigne un ensemble de dispositions destinées à faire de la culture une exception dans les traités commerciaux internationaux.

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, chaud partisan du partenariat de commerce et d'investissement entre l'Europe et les Etats-Unis, a dit la semaine dernière que l'exception culturelle ne serait pas renégociée. Mais il estime aussi que le secteur audiovisuel doit bel et bien faire l'objet de discussions.

Le rapport de la mission Lescure "Acte II de l'exception culturelle à l'ère du numérique", remis au chef de l'Etat François Hollande le 13 mai, va lui aussi dans le sens d'une protection de l'exception culturelle.

"La France est extrêmement déterminée" sur ce dossier, a rappelé Aurélie Filippetti dans la cour de l'Elysée.

"Aujourd'hui, il n'y a aucune raison que l'on revienne en arrière sur un acquis européen majeur qui consiste à considérer que les produits culturels et audiovisuels ne peuvent pas être soumis aux règles de concurrence sauvage et sans régulation", a-t-elle ajouté, rappelant que ce secteur représente 6,7 millions d'emplois en Europe.

Mark John et Elizabeth Pineau, édité par Gilles Trequesser

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