La France décide d'expulser cinq islamistes, dont trois imams

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PARIS (Reuters) - La France a décidé lundi d'expulser cinq imams ou militants de diverses nationalités considérés comme des islamistes radicaux pour atteinte aux intérêts fondamentaux de l'Etat.

Deux d'entre eux, Ali Belhadad, militant islamiste de nationalité algérienne, et Almany Baradji, un imam malien, ont rejoint leur pays d'origine dès ce lundi, précise le ministre de l'Intérieur Claude Guéant dans un communiqué.

Trois autres islamistes radicaux présumés, dont deux imams, devraient l'être prochainement sous réserve de l'avis de la commission d'expulsion ou de possibles voies de recours.

"J'adresse un avertissement très clair mais qui doit être bien entendu : tous ceux qui tiendront des propos contraires aux valeurs de la République seront instantanément mis dehors du territoire de la République française", a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'un meeting à Nancy.

"Il n'y aura pas d'exception, il n'y aura aucune indulgence", a ajouté le président-candidat.

D'autres mesures de ce type seront prises prochainement en application des décisions de Nicolas Sarkozy visant à accélérer les procédures d'expulsion d'islamistes radicaux étrangers, souligne Claude Guéant.

Ces décisions interviennent onze jours après la mort de Mohamed Merah, l'auteur des sept meurtres commis fin mars à Toulouse et Montauban et se revendiquant d'Al Qaïda.

Parallèlement, la France a décidé jeudi dernier d'interdire la venue sur son territoire de quatre prédicateurs conviés au rassemblement annuel de l'Union des organisations islamiques de France du 6 au 9 avril au Bourget (Seine-Saint-Denis).

La police a également interpellé vendredi 17 islamistes radicaux présumés, un coup de filet jugé "électoraliste" par une partie de l'opposition.

"PLUS VIGILANTS QUE D'HABITUDE"

Claude Guéant a souligné qu'il ne s'agissait pas d'une mesure nouvelle, la France ayant expulsé l'an dernier une dizaine de prédicateurs.

"Ceci dit, après ce qui s'est passé à Toulouse et Montauban nous devons être encore plus vigilants que d'habitude", a-t-il dit sur BFM-TV.

Selon le ministère de l'Intérieur, Ali Belhadad, qui avait été condamné pour son rôle dans les attentats de Marrakech en 1994, a "repris au cours des semaines passées des relations assidues avec la mouvance islamique radicale".

Almany Baradji se voit reprocher de prôner dans ses prêches "l'antisémitisme, le port du voile intégral, le rejet de l'occident et l'éducation des adolescents jugés difficiles dans des écoles coraniques à l'étranger".

Saad Nasser Alshatry, imam de nationalité saoudienne, a fait pour l'instant l'objet d'un arrêté d'expulsion. Le gouvernement lui reproche également ses prêches.

Malek Drine, militant islamiste de nationalité tunisienne, "fera prochainement l'objet d'une procédure d'expulsion après avis de la commission d'expulsion, compte tenu de ses attaches familiales en France".

Une mesure similaire est demandée pour Yusuf Yuksel, un imam de nationalité turque accusé de promouvoir dans ses prêches "la haine du monde occidental et des juifs".

Nicolas Sarkozy a assuré que le coup de filet lancé vendredi dans le milieu de l'islam radical participait "d'une action de long terme" et n'était "pas lié" aux événements de Toulouse et Montauban.

Mais plusieurs candidats à la présidentielle se sont interrogés sur le calendrier de cette opération.

Marine Le Pen, la candidate du Front national, a dénoncé une opération électoraliste et Jean-Luc Mélenchon, celui du Front de gauche, s'attend "à ce que tous les jours, maintenant, on arrête ici et là des poignées d'illuminés qu'on ira mettre en prison pour les relâcher au bout de quatre ou cinq jours parce qu'il n'y aura aucune charge contre eux".

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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