La France de nouveau confrontée au casse-tête des 3%

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LA FRANCE DE NOUVEAU FACE AU CASSE-TÊTE DU DÉFICIT SOUS LES 3% DU PIB
LA FRANCE DE NOUVEAU FACE AU CASSE-TÊTE DU DÉFICIT SOUS LES 3% DU PIB

par Jean-Baptiste Vey

PARIS (Reuters) - Les autorités françaises sont de nouveau confrontées au casse-tête lié à l'obligation européenne de réduire le déficit public sous la barre des 3% du produit intérieur brut, un carcan qu'elles jugent peu pertinent en période de croissance atone.

Officiellement, il n'est pas question de contester cet engagement, fixé à fin 2015, dans le programme de stabilité qui sera présenté en avril à la Commission européenne. La France pourrait cependant plaider, une fois de plus, pour obtenir plus de souplesse, sinon pour 2015, au moins pour la suite.

Pour des raisons pratiques d'abord : la difficulté de redresser les comptes sans le coup de pouce offert par une vraie reprise. Pour des raisons moins terre à terre aussi : la plus grande pertinence d'une politique alliant redressement structurel des comptes et réformes pour doper l'économie.

Une porte qu'a semblé ouvrir le commissaire européen aux Affaires économiques et monétaires, Olli Rehn.

"Nous pouvons accorder une prolongation pour la correction du déficit excessif une fois que nous observons dans les faits qu'un pays a mis en oeuvre des réformes économiques réelles et sérieuses, qui rehaussent la compétitivité, le potentiel de croissance et la pérennité des finances publiques", a-t-il dit la semaine dernière à Reuters.

Pour le ministre français des Finances, Pierre Moscovici, pas question de demander un nouveau délai.

"Nous avons pris des engagements à l'égard de nos partenaires de l'Union européenne, ils ne seront pas remis en cause", a-t-il dit récemment à Reuters.

De plus, "on ne peut pas changer de mode de raisonnement - par exemple passer tout à coup du structurel au nominal parce que ça nous arrangerait", a-t-il ajouté. A côté des objectifs "nominaux" comme le 3%, "nous avons aussi des engagements en termes de déficit structurel, et notamment de retour à l'équilibre structurel" d'ici 2017, a-t-il poursuivi.

"DISCUSSION CONSTRUCTIVE" AVEC BRUXELLES

Le rapporteur socialiste de la commission des Finances de l'Assemblée nationale, Christian Eckert, a quant à lui dit début février à Reuters que modifier la trajectoire menant à 3% fin 2015 n'était "pas à l'ordre du jour".

Les chiffres structurels mesurent l'effort réalisé par un pays en gommant les variations conjoncturelles. Malgré un effort historique de 1,7 point de PIB l'an dernier, le déficit public ne se serait réduit que de seulement la moitié, les recettes fiscales se révélant très inférieures aux prévisions.

Les contempteurs de cette comptabilité structurelle soulignent quant à eux que les estimations du gouvernement et de la Commission ne sont pas les mêmes, et que la dette varie bien en fonction du déficit nominal et non du structurel.

L'entourage de François Hollande a fait savoir le mois dernier que cette question serait abordée avec la Commission.

"Il faut rentrer dans une discussion avec Bruxelles plus constructive", a-t-on déclaré.

La France pourrait mettre en avant l'effort d'économies accru, prévu pour augmenter la compétitivité des entreprises dans le cadre du "pacte de responsabilité", pour obtenir plus de souplesse sur les recettes. Par exemple pour baisser les prélèvements plus rapidement que prévu.

"C'est le 'deal' le plus intelligent", a-t-on ajouté dans l'entourage du président. "C'est l'inverse du 'deal' à l'espagnole où (...) à mesure que le déficit se dégrade parce que la conjoncture est mauvaise, on augmente les impôts et on coupe les dépenses."

PROBLÈME DE CRÉDIBILITÉ

Pour le gouverneur de la Banque de France, différer le 3% est "hors de question" et la France, qui a déjà obtenu un délai de deux ans, ne peut pas monnayer encore une fois ses réformes: "On ne va quand même pas les 'vendre' une deuxième fois".

"La France a engagé sa crédibilité là-dessus. Si elle donnait l'impression qu'elle ne tient jamais ses objectifs, qu'elle les reporte indéfiniment, la qualité de sa signature sur les marchés et sa crédibilité tout entière pourrait être remise en cause", estime Christian Noyer.

La marche vers les 3% reste cependant très compliquée.

Selon la Cour des comptes, il pourrait manquer jusqu'à 6 milliards d'euros cette année pour réduire comme prévu le déficit à 3,6%. L'écart serait encore plus grand si le déficit a été supérieur à 4,1% l'an dernier, ce qui est possible, tout dépassement compliquant le retour à 3%.

Son premier président, Didier Migaud, pour qui le retour à 3% est loin d'être impossible, a souligné la semaine dernière que l'effort de 50 milliards d'euros d'économies prévu entre 2015 et 2017 par rapport à la croissance tendancielle des dépenses publiques signifiait que ces dernières augmenteraient tout de même de 70 milliards sur cette période, au lieu de 120.

Edité par Yves Clarisse

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  • M9086055 le vendredi 21 fév 2014 à 22:54

    Quand vous vous présentez derrière un centre d'accueil d'une entreprise privée, dés qu'il y a une file importante, les réceptionnistes activent leurs rythme.Dans une administration publique, observez: les réceptionnistes gardent toujours leur rythme "amorphe"; j'en ai même vu s'interrompre pour aller prendre leur café alors que les files s'allongeaient!!!A quand les rémunérations des fonctionnaires au mérite???????

  • M9086055 le vendredi 21 fév 2014 à 22:43

    Quand l'Etat dégraissera dans tous les "acquis sociaux" des fonctionnaires????Que d'injustices par rapport au privé!!!On est soit-disant dans un pays où l'égalité est reine? Que d'injustice.Sans parler des acquis des gens d'EDF, SNCF,.... C'est honteux!!!!!!!!!

  • surfer1 le vendredi 21 fév 2014 à 15:00

    L'État veut prendre en charge les allocs... Il y a beaucoup d'économies à faire dans ce domaine et sans trop forcer. Un budget de plus de 60 mds. On pourrait déjà commencer par vacaf puis supprimer toute alloc à partir du quatrième enfant par exemple...

  • M3890093 le vendredi 21 fév 2014 à 14:31

    De toutes manières nous ne sommes pas un pays sérieux. La preuve, l'alternance se résume à l'UMP, comme si les gens n'avaient pas encore compris depuis 40 ans.

  • M3890093 le vendredi 21 fév 2014 à 14:27

    Il les piquera à personne, il ne respectera rien. Bruxelles repousse à chaque fois.Il n'est pas venu pour remettre la France sur pied, il est venu pour en profiter. La dette ne l'empêche pas de dormir en bonne compagnie...

  • axel1239 le vendredi 21 fév 2014 à 14:26

    encore un objectif qui va être raté, on est habitué.

  • danapoin le vendredi 21 fév 2014 à 14:02

    C'est pour "réduire" les dépenses que le grosmou a augmentés de 25% la prime de rentrée scolaire qui a couté des millions, sans compter la part CMU et d'autres dons... Maintenant il faut qu'il trouve quelques 50 MILLIARDS sur 1 AN...Il va les piquer à qui!? Il reste encore quelques riches mais qu'il se dépêche car au 1er mai prochain ils ne seront plus beaucoup.

  • Georg47 le vendredi 21 fév 2014 à 13:53

    PSYYR :pas d'accord . L'Allemagne est dans l'euro, les Pays-Bas,l'Autriche etc.. aussi et il s'en sortent bien mieux que nous ...Pourquoi ? Ce sont des pays qui travaillent, ont des syndicats responsables et des dirigeants de qualité.

  • ppww le vendredi 21 fév 2014 à 13:47

    on est dans un beau bateau avec les socialistes!

  • M2273837 le vendredi 21 fév 2014 à 13:46

    A part gaspiller l'argent du contribuable, protéger les fonctionnaires électeurs PS et créer de nouvelles taxes c'est tout ce que savent faire nos socialistes.

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