« La France de Fillon n'est pas celle des catégories populaires »

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« La France de Fillon n'est pas celle des catégories populaires »
« La France de Fillon n'est pas celle des catégories populaires »

Patrick Buisson a été le conseiller de l'ombre de Nicolas Sarkozy, avant leur rupture. Auteur de « la Cause du peuple » (Perrin), il se montre critique sur la primaire à droite.

 

L'élection à droite est un succès. Est-ce une bonne nouvelle pour la démocratie ?

 

PATRICK BUISSON. Non, car les partis se servent des primaires comme d'une procédure de « relégitimation » pour tenter de remédier à leur profond discrédit. Leur seul objectif est de conserver le monopole de sélection des candidats à la présidentielle. Les primaires accentuent la dérive vers le suffrage censitaire. Ne vont voter que les inclus, les catégories favorisées, les retraités. Ce qui ne fait qu'aggraver la crise de la représentation en renforçant le poids politique des classes privilégiées, alors qu'il faudrait rouvrir le jeu démocratique.

 

Si on vous suit, François Fillon, c'est la droite sans le peuple...

 

Il y a une bonne et une mauvaise nouvelle pour la droite. La bonne, c'est que la droite redevient la droite en se libérant partiellement de l'hégémonie idéologique de la gauche avec l'écrasante défaite de Juppé. La mauvaise, c'est que la droite ne semble pas en mesure pour l'instant d'élargir sa base sociologique. La France sénatoriale et provinciale de François Fillon n'est pas la France en souffrance des catégories populaires, qui ne sont pas allées voter. Pour l'emporter en 2017, il doit impérativement sortir du ghetto des inclus et des privilégiés s'il veut disputer l'électorat populaire à Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. C'est ce désenclavement sociologique qui a fait la fortune du gaullisme en 1947 avec le RPF, en 1958 avec le retour du Général et de Nicolas Sarkozy en 2007.

 

Quel conseil lui donneriez-vous ?

 

De sortir de sa contradiction qui est l'incompatibilité fondamentale entre libéralisme et conservatisme. Le risque pour Fillon, c'est d'être perçu comme le candidat du patronat et ...

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