La France condamnée pour esclavage à Strasbourg

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CONDAMNATION DE LA FRANCE À STRASBOURG DANS UNE AFFAIRE D'ESCLAVAGE
CONDAMNATION DE LA FRANCE À STRASBOURG DANS UNE AFFAIRE D'ESCLAVAGE

STRASBOURG (Reuters) - La France a été condamnée jeudi par la Cour européenne des droits de l'homme pour avoir insuffisamment protégé une adolescente burundaise traitée en esclave par son oncle et sa tante, des notables installés en région parisienne.

La jeune fille était arrivée en France en 1994, à l'âge de 16 ans, après la mort de ses parents pendant la guerre civile qui avait sévi au Burundi.

Accueillie par son oncle, ancien ministre burundais et fonctionnaire à l'Unesco, qui vivaient dans un pavillon de Ville d'Avray (Hauts-de-Seine) avec son épouse et leurs sept enfants, elle devait assurer toutes les tâches domestiques et ménagères sans rémunération ni jour de congé.

Sa jeune s?ur, arrivée un an plus tard, était un peu mieux traitée puisque scolarisée.

Les deux enfants étaient logés au sous-sol, dans des conditions de confort et d'hygiène précaire, jusqu'à leur fuite, en 1999 et leur prise en charge par l'association Enfance et partage.

Condamnés en première instance, le 17 septembre 2007 à Nanterre, pour abus de vulnérabilité et soumission à des conditions de travail et d'hébergement indignes, les deux époux ont été relaxés en appel, seule la tante étant reconnue coupable de violences sur la plus jeune des s?urs.

Dans son arrêt, la Cour de Strasbourg estime que la France a failli à son devoir de "mettre en place un cadre législatif et administratif permettant de lutter efficacement contre la servitude et le travail forcé".

Ils accordent 30.000 euros à la victime au titre des préjudices subis. La Cour déboute en revanche la cadette en considérant que celle-ci a obtenu réparation des torts subis devant la justice française.

Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse

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