La France, championne d'Europe du marché parallèle de cigarettes

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INFOGRAPHIES - Environ 9 milliards de cigarettes fumées l'an dernier provenaient de la contrebande, selon une étude KPMG. Le manque à gagner pour l'État dépasse les 2 milliards d'euros.

C'est un record européen dont la France se serait bien passée. Elle décroche la première place du classement des pays d'Europe (Norvège et Suisse comprises) où le marché parallèle du tabac est le plus florissant. C'est ce qu'indique une étude KPMG sur le marché illégal des cigarettes en Europe, réalisée chaque année à la demande des géants du secteur (British American Tobacco, Imperial Tobacco, JT International et Philip Morris International). D'après ce rapport, sur les quelque 61,5 milliards de cigarettes fumées en France en 2015, 16,68 milliards étaient soit issues de la contrefaçon et de la contrebande, soit de «ventes non domestiques légales» (achat aux frontières, duty-free…).

La contrebande et la contrefaçon, caractérisées par les achats à la sauvette dans la rue ou sur Internet, ont représenté à elles seules 9,01 milliards de cigarettes, soit 14,6% de la consommation totale. C'est le plus haut niveau de consommation illicite d'Europe, devant celui de la Pologne, du Royaume-Uni et de l'Italie.

Au total, le marché parallèle du tabac représente 27,1% de la consommation totale en France, contre 26,3% en 2014. La part de cigarettes achetées en dehors du circuit classique des buralistes est, en fait, en progression constante depuis 2009.

Cette hausse est directement liée aux augmentations progressives des prix du tabac dans l'Hexagone, affirme KPMG. Il y a sept ans, le paquet valait en moyenne 5,35 euros contre 7 euros aujourd'hui, ce qui en fait le plus cher d'Europe (à l'exception du Royaume-Uni où le paquet vaut plus de 10 euros). Les fumeurs se ruent donc en Espagne, en Belgique, au Luxembourg ou dans les boutiques duty-free où les prix sont moins élevés. Ils font aussi parfois le choix de la contrebande avec comme principaux fournisseurs l'Algérie (qui fournit 31% des cigarettes de contrebande), le Sénégal et la Roumanie.

Les contrebandiers ne semblent pas redouter les nouvelles sanctions encourues. Depuis 2014, les importations de cigarettes depuis un pays européen sont limitées à 4 cartouches (1 cartouche depuis un pays hors UE). Au-delà, les douaniers peuvent infliger une amende comprise entre 700 et 2500 euros.

L'État, qui a récolté 14 milliards d'euros de la vente de tabac en 2015, est fortement touché par le phénomène. Les cigarettes achetées sur le marché parallèle échappent en effet à la fiscalité alors que la France est l'un des pays au monde où les taxes sur le tabac sont les plus élevées. «Si le volume de cigarettes issu de la contrebande et de la contrefaçon avait été consommé de manière légale, des taxes supplémentaires de 2,3 milliards d'euros auraient été levées en France», indique l'étude.

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  • md24750 il y a 10 mois

    Il n'y a pas de fumée sans feu. A vouloir taxer encore et toujours plus, nos politiques récoltent ce qu'ils ont semé. Vivement les paquets neutres pour que tous les fumeurs et fumeuses se ruent chez les buralistes. Les affaires reprennent avec nos socialopithèques.

  • milano12 il y a 10 mois

    faut pas avoir fait ENA ou HEC pour comprendre

  • mlemonn4 il y a 10 mois

    Normal, c'est nos techncorates représentant mais plsu représentatif de l'état lui-même qui organise la prohibition et en plus sans pour autant résoudre le problème de santé publique !