La France apporte son soutien au nouveau chef du CNS

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PARIS (Reuters) - La France "sera toujours aux côtés" de la Coalition nationale syrienne (CNS), "seule représentation légitime du peuple syrien", a déclaré mercredi François Hollande en recevant Ahmad Djarba, le nouveau chef de l'opposition à Bachar al Assad.

La question de la recherche d'une solution politique en Syrie mais aussi l'aide humanitaire ont été évoquées lors de ce rendez-vous à l'Elysée, auquel participait le général Salem Idriss, commandant en chef de l'Armée syrienne libre (ALS).

"Nous souhaitons appuyer, accompagner la coalition dans tous les contacts qu'elle pourra avoir", a déclaré François Hollande aux côtés d'Ahmad Djarba, élu en début de mois.

"La France est aux côtés de la coalition, travaille sur le plan politique, humanitaire, sur le plan aussi des couloirs qui pourront être ouverts pour apporter un soutien à la population", a ajouté le chef de l'Etat, qui avait été le premier à reconnaître la légitimité de l'opposition syrienne.

Selon une source française, des diplomates ont commencé à explorer la possibilité d'un vote au Conseil de sécurité de l'Onu d'une résolution visant à permettre un accès humanitaire à la Syrie.

"Il y a des idées qui sont pour le moment encore en train d'être travaillées pour voir si, au moins sur l'humanitaire, il y aurait une possibilité d'avoir une résolution sur l'accès", a déclaré ce diplomate. "C'est une perspective. On travaille sur ce sujet. C'est en cours de réflexion."

La crise syrienne a fait quelque 100.000 morts et quatre millions de déplacés.

Selon un autre diplomate français, il y a actuellement "zéro chance" de voir une résolution des Nations unies installant des couloirs humanitaires en Syrie.

"DES OPTIONS PEUVENT APPARAÎTRE"

"Ceci dit, c'est une crise dynamique et des options peuvent apparaître", a-t-il ajouté.

La Chine et la Russie ont voté à trois reprises contre des résolutions sur la Syrie et Moscou a déjà prévenu qu'il ferait de même pour un texte autorisant des couloirs humanitaires.

Pour ce qui est de la livraison d'armes, "la coalition a noté le besoin de la population de se défendre et que les gens auxquels on peut faire confiance aient les moyens de résister", a-t-on expliqué dans l'entourage de François Hollande.

Ahmad Djarba et Salim Idriss avaient estimé mardi à l'Assemblée nationale que l'opposition ne disposait toujours pas de suffisamment d'armes de pointe pour renverser la situation à son profit sur le terrain.

"Les armes sont l'un de nos objectifs", a dit Ahmad Djarba. "La France a un rôle essentiel à jouer (...) et nous lui demandons une aide diplomatique, humanitaire et militaire."

Pour le général Idriss, Européens et Américains ne fournissent pas une aide militaire suffisante aux rebelles, qui ne disposent pas des armes dont ils ont besoin. "Non. Nous n'en avons toujours pas assez", a-t-il déclaré à Reuters.

Le Conseil de sécurité de l'Onu a organisé une réunion informelle vendredi avec des membres de la Coalition nationale syrienne, à laquelle Ahmad Djarba doit participer.

Pour l'instant, les tentatives visant à organiser une deuxième conférence sur le conflit syrien à Genève se sont soldées par un échec.

"Pour nous, la coalition est une oeuvre fragile mais c'est la seule interface disponible entre la communauté internationale et le terrain. Elle évoluera bien si elle est soutenue", souligne-t-on de source diplomatique française.

Elizabeth Pineau et John Irish, édité par Yves Clarisse

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