La France améliore ses conditions de financement

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La France améliore ses conditions de financement
La France améliore ses conditions de financement

par Raoul Sachs

PARIS (Reuters) - La France a adjugé jeudi 7,43 milliards d'euros de dette à long terme à de meilleures conditions que lors des adjudications précédentes, à trois jours du second tour de l'élection présidentielle.

L'Agence France Trésor (AFT) a ainsi émis un montant correspondant au haut de la fourchette annoncée (6,5-7,5 milliards d'euros).

Sur trois des quatre lignes d'obligations assimilables du Trésor (OAT) offertes, la 4,25% octobre 2017, la 3,25% octobre 2021, la 3,0% avril 2022 (l'OAT de référence à 10 ans), les taux d'intérêt ont baissé par rapport aux adjudications précédentes.

Le taux moyen pondéré de l'OAT 6,0% octobre 2025 est ressorti à 3,31%. L'AFT, qui gère la dette de l'Etat, n'a pas fourni de comparatif, l'obligation n'ayant pas été offerte depuis de nombreux mois.

Le taux de l'OAT de référence (benchmark) à 10 ans est ressorti à 2,96% contre 2,98% en avril. Après l'adjudication, le taux a encore baissé sur le marché secondaire, à 2,93%, l'écart de rendement avec le Bund allemand à 10 ans, benchmark de la zone euro, se resserrant de six points de base, à 133.

Les adjudications de la France et celle de l'Espagne, aujourd'hui au centre des craintes des investisseurs, ont contribué à détendre la situation sur le marché des emprunts d'Etat de la zone euro.

Le Trésor espagnol a réussi à placer 2,5 milliards d'euros d'obligations à trois et cinq ans - le maximum visé - mais, contrairement à l'AFT, il a dû concéder une prime de risque plus élevée que lors des précédentes adjudications.

La demande globale pour les OAT a atteint 18,64 milliards d'euros, procurant un ratio de couverture confortable.

"Il semble que la relative incertitude liée à l'élection présidentielle n'ait pas beaucoup pesé. Ils sont parvenus à lever le maximum visé à des taux plus bas et avec un ratio de couverture décent", estime John Davies, stratégiste taux chez WestLB.

"Hollande a adouci son discours sur le nouveau pacte budgétaire (...) et dit qu'il voulait juste y ajouter des mesures de stimulation de la croissance", souligne-t-il en ajoutant que les positions du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi et la chancelière Angela Merkel ont également évolué.

"On réalise que l'austérité pure ne peut pas marcher. Le conflit que le marché craignait si Hollande arrivait au pouvoir pourrait ne pas être aussi insurmontable qu'on le pensait à première vue", dit John Davies.

"Solide comme d'habitude, des taux décents. Où est le risque politique ?", déclare Peter Chatwell, stratégiste taux chez Crédit agricole CIB à Londres, à propos de l'adjudication française.

Le nouveau contrat à terme sur OAT, échéance juin, a touché un plus haut (126,75) depuis son lancement le 16 avril sur Eurex, le marché des dérivés de la Bourse de Francfort,

Vers 12h30, il gagnait 57 centimes à 126,69 dans un volume de plus de 11.000 contrats. Les positions ouvertes atteignent 43.223 lots contre 58.000 sur le BTP future italien, lancé en 2009 par Eurex.

Le Bund future, benchmark des contrats à terme en zone euro, reculait de 14 centimes à 141,59 dans un volume de plus de 202.000 contrats. Les positions ouvertes sur l'échéance juin dépassent les 13 millions de lots.

Raoul Sachs, édité par Jean-Michel Bélot

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