La France aimerait prévenir dès février le risque de Brexit

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    * Paris espère une solution au Conseil européen des 18-19 
février 
    * Les demandes de Cameron "pas insurmontables", dit Hollande 
    * Une sortie de Londres de l'UE serait "un drame", dit Valls 
 
 (Actualisé avec Cameron § 6) 
    PARIS/DAVOS, 21 janvier (Reuters) - La France aimerait 
prévenir dès le mois prochain le risque d'une sortie de la 
Grande-Bretagne de l'Union européenne, ont déclaré jeudi 
François Hollande et Manuel Valls, en affirmant qu'il ne 
s'agissait pas d'accepter n'importe quelles conditions et que 
l'intégration de la zone euro devait se poursuivre. 
    Parmi les demandes du Premier ministre britannique, David 
Cameron, "aucune n'est insurmontable mais les principes doivent 
être respectés", a dit le président français lors de ses voeux 
au corps diplomatique, citant "notamment la libre circulation". 
    "Le mieux serait de trouver un accord dès le Conseil 
européen des 18 et 19 février", a-t-il ajouté. 
    "Il faut trouver un compromis", avait déclaré quelques 
minutes auparavant Manuel Valls dans une intervention au Forum 
de Davos. "J'espère que le rendez-vous du mois de février 
permettra d'avancer, en tout cas sera une étape tout à fait 
décisive." 
    Le référendum sur le maintien dans l'UE doit se tenir en 
Grande-Bretagne avant fin 2017. David Cameron, qui espère 
organiser la consultation dès cette année, veut faire campagne 
pour le "oui" si ses demandes sont acceptées par les Européens. 
    Présent lui aussi à Davos, il a déclaré que les négociations 
avec ses partenaires européens avaient bien avancé et qu'il 
espérait conclure un accord le mois prochain, exhortant le monde 
des affaires à vanter les mérites d'une appartenance à l'UE. 
    Selon Manuel Valls, "il y a des demandes britanniques qui 
sont parfaitement entendables sur la simplification, une Europe 
qui fonctionne mieux, qui soit plus efficace". 
    Il n'a pas cité la plus problématique d'entre elles, celle 
revenant à priver des travailleurs européens de certains 
avantages sociaux, qui heurte a priori le principe de la libre 
circulation. 
     
    INTÉGRATION DE LA ZONE EURO 
    "Nous devons tout faire pour que la Grande-Bretagne et le 
peuple britannique, puisque c'est lui qui choisira, restent dans 
l'Union européenne. Evidemment pas à n'importe quelles 
conditions, ça n'aurait pas de sens", a-t-il ajouté. 
    Une source diplomatique française a précisé que la remarque 
du chef de l'Etat sur la libre circulation ne signifiait pas un 
veto de la France à la demande britannique concernant les 
prestations sociales : "Elle fait partie des choses à discuter." 
    Face à la menace terroriste, à la crise des réfugiés, au 
conflit en Ukraine, aux tentations séparatistes et à la montée 
du populisme, "il n'y aurait rien de pire que de voir des pays 
ou un pays partir", a poursuivi Manuel Valls. "Voir partir la 
Grande-Bretagne de l'Union européenne serait un drame."     
    François Hollande et Manuel Valls ont parallèlement insisté 
jeudi sur l'exigence de la poursuite de l'intégration de la zone 
euro. 
    "Il faut aller beaucoup plus loin et nos amis britanniques 
doivent l'entendre", a dit Manuel Valls, citant le soutien à 
l'économie, le renforcement de la stabilité de l'euro et la 
convergence fiscale.   
    "Que le Royaume-Uni veuille prendre une voie différente, 
dans l'Union européenne, je peux l'admettre", a pour sa part 
déclaré François Hollande, "mais ça ne doit pas empêcher les 
pays qui ont décidé d'aller plus dans l'intégration, notamment 
monétaire, de pouvoir le faire".        
    Le sujet sera au menu du prochain sommet franco-britannique 
prévu le 3 mars à Amiens, dans la Somme.  
 
 (Jean-Baptiste Vey et Elizabeth Pineau à Paris, avec les 
équipes de Reuters à Davos, Elizabeth Piper à Londres, édité par 
Yves Clarisse) 
 
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