La France adoucirait le ton sur les crédits exports charbon

le , mis à jour à 15:54
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par Barbara Lewis STRASBOURG, 6 juillet (Reuters) - La France pourrait assouplir sa position sur les aides apportées à l'industrie du charbon, l'énergie fossile la plus polluante, un signal négatif à quelques mois de la conférence de Paris sur le climat, montre un document obtenu par Reuters. Alors qu'approche la Cop 21, considérée comme le sommet de la dernière chance pour un accord global sur la lutte contre le réchauffement climatique, Paris avait défendu jusqu'à présent une ligne dure sur les crédits export charbon. Ces aides permettent de réduire les coûts à l'export vers les pays en développement des technologies du charbon, dont les centrales alimentées par ce combustible. Mais les discussions organisées en juin à l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) à Paris pour mettre un terme à ce système d'aides ont échoué. Une nouvelle réunion est prévue en septembre mais des sources européennes se montrent pessimistes. "On va continuer à batailler pour trouver une position commune qui ne soit pas embarrassante", a dit un responsable européen. Selon un document de travail du ministère de l'Ecologie daté du 25 juin et obtenu par Reuters, les crédits export charbon permettent aux industriels français, comme Alstom, de "ne pas être évincés dès les premiers tours des appels d'offres". Cette "note de problématique", un document adressé au Conseil national de la transition énergétique, rappelle en outre que 750 emplois directs et 2.000 indirects sont dépendants de l'industrie des technologies du charbon en France. François Hollande avait promis de les supprimer l'année dernière, un geste salué à l'époque par les Verts. Mais le Premier ministre Manuel Valls a depuis demandé à la ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, de proposer un calendrier de retrait des crédits export charbon qui tienne compte des enjeux industriels. Le document obtenu par Reuters liste donc cinq scénarios, appelés régimes d'exemption. Le plus strict limite les crédits export charbon aux centrales "ultra-supercritiques" installées dans des pays dits à faibles revenus selon la Banque mondiale. Le plus souple des cinq régimes prévoit le maintien des crédits pour les industriels qui développeraient en parallèle des technologiques de capture et de stockage des carbones émis, et les crédits pourraient durer jusqu'en 2030 selon le type de centrale et le pays. Selon les défenseurs de l'environnement, ce schéma n'offre aucune garantie car la technologie de capture et de stockage n'a pas encore de débouchés commerciaux. Il n'a pas été possible d'obtenir de commentaire du ministère pour l'instant. Les industriels exercent une forte pression dans ce dossier. Alstom assure que les crédits export charbon assurent l'emploi de cette technologie aux dépens de technologies encore plus polluantes dans les pays en développement. La semaine dernière, l'Allemagne a abandonné l'idée d'une taxe sur les centrales thermiques au charbon mais a annoncé la fermeture de plusieurs sites anciens qui resteront toutefois opérationnels en cas de besoin. (Avec Michel Rose, Gregory Blachier pour le service français, édité par Yves Clarisse)


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