La France accélère dans la réduction des déficits

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    * Les collectivités locales font baisser le déficit 
    * Sapin exclut d'accélérer encore le rythme en 2016 
    * La croissance 2015 revue en légère hausse 
 
 (Avec détails et déclarations supplémentaires) 
    par Yann Le Guernigou et Myriam Rivet 
    PARIS, 25 mars (Reuters) - Le déficit public de la France a 
baissé plus que prévu en 2015 grâce à une croissance économique 
plus soutenue, des taux bas qui ont allégé la charge de la dette 
mais aussi à la chute des dépenses d'investissement des 
collectivités locales. 
    Selon des données publiées vendredi par l'Insee, il s'est 
élevé à 77,4 milliards d'euros, soit 7,4 milliards de moins 
qu'en 2014 et l'équivalent 3,5% de la richesse nationale contre 
4,0% un an plus tôt, alors qu'il avait été prévu à 3,8% à 
l'origine. 
    Cette annonce est de nature à rassurer la Commission 
européenne qui reproche à la France d'être "plus lente que le 
reste de la zone euro" dans la réduction de son déficit public. 
    
    "Nous diminuons les déficits tout en soutenant la 
croissance", s'est félicité le ministre des Finances Michel 
Sapin.  
    "Souvent, on oppose l'un et l'autre, nous sommes en train de 
prouver l'inverse : on peut être sérieux budgétairement tout en 
permettant à la croissance de reprendre", a-t-il ajouté sur BFM 
TV, pour estimer qu'il y avait "maintenant tous les éléments qui 
rendent parfaitement crédible" l'objectif d'un déficit ramené à 
3,3% du PIB en 2016. 
    Pour autant, le gouvernement, qui a annoncé depuis janvier 
une série de dépenses nouvelles, dont un dégel du point d'indice 
de la fonction publique dénoncé par l'opposition comme un geste 
"préélectoral", ne prévoit pas d'accélérer pour passer sous 3%, 
l'objectif promis à Bruxelles pour 2017, dès cette année.  
    "Nous nous sommes fixé une stratégie (...) le résultat 2015 
nous conforte", a dit le ministre lors d'un point de presse, "on 
ne va pas faire la course ensuite". 
    L'Insee a fait état dans le même temps d'un net 
ralentissement de la hausse de la dette publique, qui atteint 
2.096,9 milliards d'euros à fin décembre, soit l'équivalent de 
95,7% du PIB contre 95,3% un an plus tôt après avoir culminé à 
97,8% à la fin du deuxième trimestre. 
     
    DES NUAGES SUR DÉBUT 2016 
    L'institut a revu en hausse parallèlement la croissance de 
l'économie française pour 2015 à 1,2% (contre 1,1% estimé 
auparavant) tout en confirmant la marque de +0,3% du quatrième 
trimestre. 
    Si le tableau de 2015 est globalement meilleur, des nuages 
sont apparus qui pourraient atténuer la poursuite de l'embellie 
attendue début 2016 par l'Insee dans sa dernière note de 
conjoncture  . 
    Après la baisse du climat des affaires en mars annoncée 
jeudi matin  , le moral des ménages français s'est 
lui aussi dégradé ce mois-ci   sur des craintes 
accrues pour l'évolution de leur niveau de vie, selon des 
données publiées vendredi matin. 
    Le ministère du Travail a annoncé entre temps que le chômage 
était reparti en hausse en février et ce, pour toutes les 
catégories d'âge, avec un nouveau record pour les demandeurs 
d'emploi de catégorie A (sans aucune activité).   
    Le pouvoir d'achat des ménages a progressé de 1,8% l'an 
passé, à la faveur notamment de la baisse des prix de l'énergie. 
Mais, si leurs dépenses ont augmenté, ils ont aussi renforcé 
leur épargne, dont le taux est monté jusqu'à 15,9% au dernier 
trimestre, un plus haut depuis la mi-2011. 
    Le gouvernement avait laissé entendre clairement que le 
déficit public 2015 serait inférieur aux prévisions après les 
annonces successives de comptes de l'Etat et de la Sécurité 
sociale moins dégradés qu'escompté.  
    Plus de la moitié de la baisse du déficit de l'Etat est due 
à la diminution de la charge de la dette (-2,3 milliards 
d'euros) qui a bénéficié de la faiblesse des taux d'intérêt. 
    Mais l'essentiel de l'amélioration pour 2015 est venue des 
collectivités locales, qui ont dégagé un excédent, le premier 
depuis 2003, de 0,7 milliard après un déficit de 4,6 milliards 
un an plus tôt.    
    L'Insee l'explique par une chute de 10% de leurs dépenses 
d'investissements dans le contexte de la baisse des dotations de 
l'Etat qui veut les faire contribuer à la maîtrise des dépenses 
publiques.  
    Michel Sapin et le secrétaire d'Etat au Budget Christian 
Eckert ont tous deux exclu vendredi de renoncer à la dernière 
tranche de baisse des dotations prévue en 2017 pour relancer 
leur investissement, une éventualité évoquée jeudi par certains 
médias   
         
    Les communiqués de l'Insee :  
     Déficit http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=37&date=20160325 
    Croissance  http://www.insee.fr/fr/themes/info-rapide.asp?id=28&date=20160325 
     
    Les indicateurs français en temps réel          ECONFR  
    Les indicateurs de la zone euro en temps réel   ECONEZ  
    Le point sur la conjoncture française           ECO/FR  
 
 (édité par Marc Joanny) 
 
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  • fortunos il y a 9 mois

    Un grand bravo a notre SUPER Sapin,notre meilleur ministre des finances depuis DSK!!!

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