La France a mené des vols de reconnaissance au-dessus de la Libye

le
1
    * Vols au-dessus de Syrte, contrôlée par l'EI 
    * De nouveaux vols planifiés 
    * Une intervention militaire toujours exclue 
 
 (Actualisé avec précisions, contexte) 
    par Marine Pennetier et John Irish 
    PARIS, 4 décembre (Reuters) - La France a mené fin novembre 
des vols de reconnaissance depuis son porte-avions 
Charles-de-Gaulle au-dessus de la ville libyenne de Syrte, 
contrôlée par l'Etat islamique, et prévoit d'en mener de 
nouveaux, selon un dossier de presse de l'Elysée.  
    Le porte-avions a conduit "une première phase d'opérations 
les 20 et 21 novembre en Libye (deux missions ISR dans les 
régions de Syrte et de Tobrouk)", peut-on lire dans ce document 
transmis vendredi à l'occasion du déplacement de François 
Hollande sur le Charles-de-Gaulle.  
    "Des vols ISR (Intelligence Surveillance et Reconnaissance- 
NDLR) en Libye sont (....) planifiés", ajoute ce document.  
    Le chaos qui s'est installé progressivement en Libye après 
le renversement du régime de Mouammar Kadhafi en 2011 a profité 
entre autres à l'Etat islamique (EI) qui a gagné du terrain et 
contrôle la ville de Syrte.  
    Selon un récent rapport d'un groupe d'experts de l'Onu, il y 
aurait entre 2.000 et 3.000 combattants locaux de l'EI en Libye, 
dont 1.500 à Syrte, située à 450 km à l'est de Tripoli.  
    La Libye abrite des camps d'entraînement à partir desquels 
ont été fomentés des attentats, notamment celui du musée du 
Bardo à Tunis en mars et celui contre un hôtel de la station 
balnéaire de Sousse en juin. 
    Engagée en Irak et en Syrie contre l'EI, la France écarte 
pour l'heure l'option militaire en Libye. Elle a toutefois 
installé une base militaire temporaire à Madama, dans le 
nord-est du Niger, à proximité de la frontière libyenne.  
    La France, comme les autres pays européens, redoute que des 
djihadistes de Libye se mêlent aux migrants qui traversent la 
Méditerranée pour rejoindre l'Italie puis d'autres pays de 
l'Union européenne. 
 
    FLUX CROISSANTS DE DJIHADISTES 
    Fin novembre, Jean-Yves Le Drian, qui alerte depuis plus 
d'un an sur la situation en Libye, avait exprimé une nouvelle 
fois son inquiétude face à la progression des djihadistes.  
    "La Libye me préoccupe beaucoup",  déclarait le ministre de 
la Défense dans le Grand Rendez-vous Europe 1-Le Monde-iTELE. "  
  "Daech prend des territoires à partir de Syrte et essaye de 
descendre vers des ressources pétrolières."  
    Au ministère de la Défense, on évoquait la semaine dernière 
une situation "d'urgence".  
    "Dans un environnement très morcelé, avec 3.000 hommes, on 
peut faire énormément de dégâts très vite", souligne-t-on dans 
l'entourage du ministre où l'on observe un phénomène de 
"réaffectation des flux".  
    "On voit que les flux de combattants des pays du Maghreb se 
dirige beaucoup plus nettement vers la Libye que par le passé", 
souligne-t-on. "On voit également revenir des Libyens engagés 
dans l'EI en Syrie qui viennent se réimplanter en Libye".  
    L'Etat islamique profite du chaos qui règne dans le pays où 
deux gouvernements rivaux et leurs factions armées s'affrontent 
pour le contrôle du territoire. 
    Les négociations menées sous l'égide de l'Onu achoppent 
toujours même si, selon le nouvel émissaire de l'Onu Martin 
Kobler, la perspective d'un accord se rapproche  .   
    "Si un gouvernement d'union nationale se met en place, avec 
sans doute du soutien international, il y a les forces pour 
reprendre les zones qui sont en train de se développer comme des 
sanctuaires de Daech, sur la côte autour de Syrte et de plus en 
plus vers le sud", souligne-t-on à Paris.  
 
 (Edité par Yves Clarisse) 
 
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • sarestal le vendredi 4 déc 2015 à 14:27

    On envoie la facture à Sarko ?