La France a lancé ses premières frappes aériennes en Syrie

le
0
PREMIÈRES FRAPPES AÉRIENNES FRANÇAISES EN SYRIE
PREMIÈRES FRAPPES AÉRIENNES FRANÇAISES EN SYRIE

PARIS (Reuters) - La France a annoncé dimanche ses premières frappes aériennes contre le groupe Etat islamique en Syrie et souligné qu'elle interviendrait à chaque fois que sa sécurité "serait en jeu".

La France est désormais engagée sur deux fronts contre l'EI : l'Irak, où elle a mené quelque 200 frappes depuis septembre 2014 dans le cadre de l'opération Chammal, et la Syrie, où elle précise agir en autonomie.

La présidence de la République, qui a publié un communiqué peu avant 08h00, n'indique pas quand les frappes sur le sol syrien sont intervenues ni où.

"La France a frappé en Syrie (...) sur la base de renseignements collectés au cours des opérations aériennes engagées depuis plus de deux semaines, dans le respect de notre autonomie d'action, en coordination avec nos partenaires de la coalition", dit-elle.

Dans un entretien publié vendredi dernier dans Le Monde, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait déclaré que la France viserait des "centres de formation de combattants étrangers", y compris français, sur le sol syrien destinés à frapper en Europe et en France en particulier.

"Nous ne ciblons personne en particulier. Nous combattons non des individus mais un groupe terroriste composé de ressortissants de différentes nationalités, dans le respect du droit international humanitaire", avait-il dit.

Selon Le Monde, des frappes auraient eu lieu jeudi dernier, le 24 septembre, contre des cibles à Rakka, dans le centre de la Syrie, ville considérée comme le fief de l'EI.

François Hollande avait annoncé le 7 septembre que des frappes aériennes s'avéraient "nécessaires" contre l'EI, mais il avait exclu toute action au sol.

Le lendemain, des appareils de l'armée de l'air française avaient entamé des vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie pour identifier des objectifs.

"ENGAGEMENT RÉSOLU"

"Notre pays confirme ainsi son engagement résolu à lutter contre la menace terroriste que constitue Daesh. Nous le ferons à chaque fois que notre sécurité nationale sera en jeu", déclare dimanche la présidence française.

Le 15 septembre dernier, devant l'Assemblée nationale, le Premier ministre, Manuel Valls, avait déclaré que la France exerçait sa "légitime défense" et qu'elle choisirait "seule" ses cibles afin de ne pas "contribuer à renforcer" le régime de Bachar al Assad.

Les autorités françaises avaient expliqué, sans plus de précisions, privilégier "les centres névralgiques et logistiques de Daesh, qui constituent la base arrière de leurs attaques contre notre population".

Au-delà de cet engagement militaire, la France souligne dimanche que le conflit syrien nécessite "une réponse globale".

"Plus que jamais, l’urgence est à la mise en place d’une transition politique, qui associe des éléments du régime et de l’opposition modérée, conformément au communiqué de Genève."

"La France y est engagée. Elle y travaillera activement, avec l’ensemble des acteurs impliqués, en soutien aux efforts de l’envoyé spécial des Nations Unies pour la Syrie", Staffan de Mistura.

Paris s'oppose à ce que Bachar al Assad soit impliqué dans le processus.

La chancelière allemande, Angela Merkel, a estimé la semaine dernière qu'il fallait parler au dirigeant syrien dans le cadre d'un règlement global. D'autres responsables occidentaux ont laissé entendre que le numéro un syrien pourrait jouer un rôle dans une solution politique négociée à la crise, après plus de quatre ans d'une guerre qui a fait 240.000 morts.

(Tangi Salaün et Sophie Louet)

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant