La France a au moins dix ans d'effort budgétaire devant elle-Note

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    PARIS, 12 juillet (Reuters) - La France devra réduire ses 
dépenses publiques de deux à quatre points de PIB sur les dix 
ans à venir, l'équivalent de l'effort consenti entre 2010 et 
2015, pour réduire significativement son endettement, estime 
France Stratégie. 
    Cet organisme de réflexion placé auprès du Premier ministre 
rend publique mardi une note qui s'inscrit dans une série de 
travaux destinés à éclairer les enjeux de l'élection 
présidentielle de 2017. 
    Le gouvernement actuel s'est engagé auprès de ses 
partenaires européens à ramener le déficit public à 2,7% du 
produit intérieur brut (PIB) à fin 2017, après 3,6% en 2015 et 
3,3% prévus par la loi de finances en 2016. 
    Le Pacte de stabilité et de croissance européen impose aux 
pays de la zone euro un retour vers un ratio dette publique/PIB 
à 60%. Or, aujourd'hui, la dette publique française représente 
environ 96% du PIB. 
    Arrêter l'effort de consolidation après 2017 se traduirait 
par un nouveau creusement du déficit et le maintien de la dette 
à un niveau proche de 95% du PIB, surtout si les taux d'intérêts 
actuellement au plus bas se normalisent, écrit l'auteur de la 
note de France Stratégie, Arthur Sode.  
    "Si elle entend réduire significativement l'endettement 
public, la France devra, dans les dix ans à venir, conduire un 
ajustement supplémentaire, compris entre deux et quatre points 
de PIB", souligne-t-il. 
    Cela revient à réduire le déficit public d'un montant 
compris entre 44 et 88 milliards d'euros en dix ans pour le 
ramener à 1,5% du PIB d'ici dix ans, voire aboutir à terme à un 
excédent de 0,5%. 
    Pour Arthur Sode, cela passera essentiellement par une 
réduction des dépenses publiques, compte tenu de marges de 
manoeuvre limitées concernant les prélèvements, déjà parmi les 
plus élevés des pays de l'Union européenne. 
    France Stratégie évoque parmi les réservoirs d'économies un 
système de retraite "plus généreux qu'ailleurs", les aides au 
logement et la politique de l'emploi "d'une efficacité parfois 
limitée", ou encore les dépenses des collectivités 
territoriales.  
    Ce sera probablement un des sujets de la campagne, à en 
juger par les projets des candidats de la primaire à droite, qui 
prônent tous une réduction draconienne des dépenses publiques, 
de 80 à 100 milliards d'euros sur un quinquennat, voire plus. 
    
    "Cent milliards d'euros en cinq ans, c'est un choc 
économique très important à court terme et ça affectera 
forcément les prestations sociales", souligne Arthur Sode, 
interrogé par Reuters. 
    L'effort jugé nécessaire par France Stratégie est plus 
modeste et réparti sur une durée deux fois plus longue.  
    Mais cet organisme se place dans l'hypothèse d'impôts 
constants, alors que les candidats à la primaire de droite 
proposent aussi de réduire ces derniers, donc les recettes de 
l'Etat, et hors impact de la conjoncture, c'est-à-dire d'un 
rebond ou d'une rechute de la croissance économique. 
 
 (Emmanuel Jarry, édité par Sophie Louet) 
 
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