La fraise française s'est fait attendre

le
2
Le gel a retardé la production dans l'Hexagone, mais les fraises d'Espagne sont au rendez-vous.

Elles se font prier. Les gariguettes, ciflorette, clécy ou mara des bois arrivent progressivement sur les marchés avec près de deux semaines de retard. «Le calendrier de production est décalé d'une quinzaine de jours par rapport à celui de l'an passé à cause de la période de froid du mois de février, indique l'Agreste, le service des statistiques du ministère de l'Agriculture, dans sa dernière note de conjoncture. En mai, la production nationale devrait nettement monter en puissance et atteindre un pic autour du 15 mai.»

La France, où l'on consomme en moyenne 2 kg par an et par personne, est devenue structurellement déficitaire en fraises et en est même devenue le premier importateur. La production française devrait être quasiment équivalente à celle de l'an passé (+1%), avec 51.000 tonnes de fraises cette année. Elle pointe ainsi au sixième rang européen, loin derrière l'Espagne, leader avec près de 300.000 tonnes principalement dans la province de Huelva, et la Pologne (environ 200.000 tonnes) qui produit surtout des fraises destinées à l'industrie de la transformation.

La «Drosophila susukii» menace

L'Allemagne, qui autorise le travail de saisonniers venus de l'est de l'Europe, au coût horaire presque deux fois moins élevé que dans l'Hexagone, vient en troisième position avec 157.000 tonnes. Au total, on produit sur le Vieux Continent 1,1 million de tonnes de fraises, soit près de 30% de la production mondiale.

Côté prix, tant que les dégâts du gel sur la végétation n'ont pas été totalement évalués et sont en cours d'expertise, cela crée de la tension. «En début de saison 2012, l'indice des prix à la production est supérieur de 7% à la moyenne quinquennale», note l'Agreste. À titre de comparaison, l'an dernier, le prix moyen de la pleine saison, entre mars et juin, se situait à 5,01 euros le kilo. Un prix nettement moins compétitif que celui du prix d'appel pratiqué par la grande distribution ce week-end (deux tiers du circuit de distribution des fraises) à 1,80 euro le kilo. Mais il s'agissait de fraises venues de la péninsule Ibérique.

En France, selon les premières estimations, les surfaces de fraisiers devraient être stables pour la campagne 2012 par rapport à la campagne précédente. Les fraises produites en plein air devraient baisser de 30% contrairement aux serres qui représentent les deux tiers de la production. Ce mode de production devrait continuer à se développer (+ 30%) en lien avec la progression des surfaces hors sol (36%) et de pleine terre (25%).

Toutefois, sur le plan sanitaire, quelques inquiétudes planent sur la menace de la Drosophila susukii, une petite mouche qui pourrait provoquer des dégâts importants. «Elle n'est pas encore arrivée chez nous, mais la vigilance est extrême», note Benoît Lopez, producteur à la Hautière, à la Chapelle-sur-Erdre près de Nantes.

LIRE AUSSI:

» Agriculture

Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
  • titide le mercredi 9 mai 2012 à 18:24

    qu'attendent les français pour en produire plus et limiter les importations et creer des emplois.

  • 11881561 le mercredi 9 mai 2012 à 12:48

    On s en fout , nous sommes en CRISE MONDIALE !