La fracturation hydraulique critiquée pendant la sécheresse

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(Commodesk) L'extraction de gaz de schiste est très gourmande en eau, au point que certains agriculteurs américains craignent que le développement rapide de cette industrie n'assèche les nappes phréatiques. La sécheresse de cet été, la pire du pays depuis plus d'un demi siècle, a donné une portée supplémentaire à ces critiques.

Une étude menée cette année par des chercheurs de l'Université de Pennsylvanie indique que les industriels du gaz de schiste et les agriculteurs sont de plus en plus souvent en concurrence pour l'utilisation des terres et l'accès aux ressources en eau. Dans certains territoires, notamment dans les régions de l'ouest des Etats-Unis, où les réserves d'eau sont limitées, la gestion des ressources pourrait s'avérer conflictuelle dans les années à venir.

D'importants gisements de gaz de schiste sont situés dans des zones à forte production agricole. C'est notamment le cas avec Barnett, Woodford et Palo Duro, au Texas, grand producteur de coton et de blé. Le gisement New Albany se trouve lui dans la corn belt, alors qu'Excello se trouve dans les plaines du Kansas.

La particularité de l'eau utilisée par la fracturation hydraulique est qu'une très faible quantité peut être recyclée, du fait de l'injection de produits chimiques. La plupart des volumes utilisés par les compagnies gazières sont donc définitivement perdus pour l'agriculture ou tout autre secteur, ce qui devrait accroître à l'avenir les tensions sur la répartition des ressources.

Les conséquences se font déjà sentir cette année : les autorités environnementales de Pennsylvanie ont imposé aux industriels des réductions drastiques des prélèvements d'eau dans les nappes phréatiques, par crainte de pénuries. L'activité du gisement géant non conventionnel de Marcellus, le plus grand des Etats-Unis avec des réserves de gaz estimées à 4.000 milliards de mètres cubes, est fortement ralentie.

Pour les producteurs de gaz, ce partage forcé des ressources engendre un surcoût non négligeable. Les agriculteurs, premières victimes de la sécheresse, sont de plus en plus réticents à céder l'eau de leurs puits aux industriels, et augmentent leurs prix de vente. Au début de l'année, le gallon (3,8 litres) s'échangeait en moyenne contre 0,50 dollars au Texas, contre plus de 0,75 aujourd'hui (+50%).

L'extraction sur le gisement de Marcellus consomme 228 millions de litres d'eau par jour, selon l'Institut d'études géologiques des Etats-Unis. Un renchérissement de 25% du prix de l'eau entraînerait donc un surcoût total de 7 millions de dollars par jour. Cette hausse devrait se traduire par une baisse de la rentabilité pour les producteurs du gaz, déjà réduite par la faiblesse des cours du gaz aux Etats-Unis.

Aux Etats-Unis, près de la moitié des prélèvements dans les nappes phréatiques sont aujourd'hui destinés aux industriels, selon l'USGS. Au niveau mondial, cette part n'est que de 20% au niveau mondial, l'essentiel (70%) étant capté par l'agriculture.

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