La forêt, un placement robuste

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En pleine tourmente boursière, investir dans la forêt peut rassurer. Avec des rendements faibles, mais une fiscalité attrayante pour les successions et l'ISF.

Un investissement offrant une valorisation régulière, un régime fiscal alléchant, tout en étant déconnecté des marchés financiers, voici quelques atouts de la forêt. Ces avantages ont de quoi séduire aujourd'hui, pour peu que l'on accepte de vivre au rythme de la nature. Le bois offre en effet des rendements faibles (généralement 2 à 3 % brut, et 5 % au maximum) et s'envisage sur le long terme (vingt à trente ans). Si la perspective de posséder son coin de forêt est tentante, sa gestion directe peut s'avérer complexe. C'est pour cela que l'essentiel des achats de forêts se fait actuellement par le biais de groupements forestiers qui s'occupent de l'entretien des lieux. Pour tenir compte de la spécificité de l'investissement forestier, la législation accorde à ce type de placement plusieurs avantages fiscaux. Les réductions d'impôt directes, elles, peuvent atteindre 2.508 ¤ (pour un couple) dans le cas d'un achat en direct de forêt ou de parts de groupement forestier (voir encadré), et 2.750 ¤ lorsque l'on fait effectuer des travaux dans sa forêt.

Exonération de 75% pour l'ISF

Et il y a surtout un régime intéressant concernant les successions et donations, avec une exonération de 75 % de la valeur (après une détention minimale de deux ans pour les parts de groupement forestier). Les mêmes règles s'appliquent pour le calcul de l'ISF, sachant que la réduction d'impôt est plafonnée à 50 000 ¤ par an.

Preuve de l'engouement pour cet investissement, le prix des forêts a bondi de 77 % entre 1997 et 2008, et s'est maintenu en 2009 selon les chiffres d'Agrifrance, filiale de Paribas, spécialiste de la transaction et de la gérance de domaines ruraux. En moyenne, d'après les statistiques de la Safer, un hectare de forêt se négocie 3.170 ¤, mais il faut compter un minimum de 5.000 ¤ pour une belle forêt de chênes en production, à en croire Agrifrance. A ces niveaux de prix, la forêt reste-t-elle une bonne affaire ? «Le mètre cube de chêne, qui s'échangeait autour de 200¤ dans les années 80, est tombé à 120¤ actuellement, alors que le coût des travaux et de l'entretien de la forêt a énormément augmenté», rappelle Eric Toppan, économiste à la Fédération des forestiers privés de France. Et les résineux ont connu une évolution comparable. Avec ses essences variées, ses surfaces moyennes faibles et son industrie très peu concentrée, la forêt française est assez peu compétitive. Pour l'instant, la production forestière génère un chiffre d'affaires annuel de seulement 105 ¤/hectare pour le bois, et 20 ¤ pour la chasse.

De nouvelles sources de revenus

Pourtant, les perspectives d'avenir semblent bonnes : les sous-produits du bois sont de plus en plus valorisés pour le chauffage (plaquettes, granulés) et l'on évoque de nouvelles sources de revenus possibles grâce aux services écologiques rendus par la forêt (captage et stockage de CO2, épuration de l'eau, participation à la biodiversité). «Se diversifier sur des actifs réels plutôt que sur des passifs est évidemment séduisant dans le contexte actuel, estime Gilles Etienne, directeur du pôle d'expertise patrimoniale chez Cyrus Conseil. C'est aussi l'occasion d'exprimer sa sensibilité à certains types de produits. Evidemment, je ne conseillerai pas d'y investir une part significative de son patrimoine, mais c'est une diversification sensée.» D'ailleurs, il rappelle que si cet investissement est « solide », il n'est pas forcément à l'abri des mauvais coups de la nature (tempêtes, maladies) et qu'il est donc judicieux de s'assurer.

Des viagers et des SCPI «verts»

Investissement on ne peut plus traditionnel, la forêt n'en propose pas moins des formes de placement variées. Il est ainsi possible d'opter pour un viager forestier en s'adressant à Forêt Investissement, une agence Fnaim spécialisée dans la vente et l'achat de forêts, installée à Clermont-Ferrand. Comme c'est le cas pour un logement, le vendeur peut percevoir une rente sans avoir à s'occuper de sa forêt, tandis que l'acheteur bénéficie d'une fiscalité avantageuse tout en limitant l'apport initial de capital. Plus courante, la Société d'épargne forestière est une très proche parente de la SCPI. Ce placement doit être composé à 60% au minimum par des forêts ou des parts de groupements forestiers, et à 40% au maximum d'actifs financiers, obligataires ou monétaires. Il offre une économie maximale d'impôt de 2508¤ pour un couple (pour 19000¤ investis) et une exonération de 75% pour les successions et donations. Il est diffusé notamment par la société forestière de la Caisse des dépôts et consignations.

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