La forêt attire de plus en plus d'investisseurs

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Le rendement moyen a atteint 4,5 % en 2011 pour un prix moyen de l'hectare en hausse de 10,8 %.

La forêt française confirme son dynamisme. «Depuis 2008, les forêts que nous gérons ont réalisé une création de valeur annuelle de 4,5 %, explique Laurent Piermont, président-directeur général de la Société forestière, filiale de la Caisse des dépôts spécialisée dans la gestion et l'achat de forêts. C'est une performance nettement supérieure à celle qu'ont pu réaliser bon nombre de valeurs financières», ajoute-t-il. Au total 14.120 transactions de forêts ont eu lieu en France l'an dernier, «à 100 transactions près du record de 2008», note Michel de Warren, expert de la Société forestière, pour «une valeur globale de 1,23 milliard d'euros et une surface globale de 112 700 hectares».

Quatre raisons expliquent la bonne santé du marché de la forêt. D'abord, «le prix des bois tout ­comme celui des terres agricoles reste à un niveau bas», fait remarquer Laurent Piermont.

En effet, selon un nouvel indicateur plus précis établi conjointement par la Société forestière et la FnSafer (Fédération nationale des sociétés d'aménagement foncier et d'établissement rural), le prix moyen d'un hectare de forêt en France atteint 3960 euros en 2011. Une hausse de 10,8 % par rapport à l'an dernier. «Les transactions les plus modestes se sont établies autour de 640 euros l'hectare, les plus élevées 12.180 euros l'hectare, précise Robert Levesque en charge des statistiques à la FnSafer. Géographiquement, c'est dans le nord Bassin parisien où les forêts sont les plus coûteuses. Elles sont constituées de feuillus, ont une activité chasse importante et sont entourées des terres agricoles les plus chères de France.» À l'inverse, dans le Massif central, les forêts aux accès pentus plus difficiles, aux essences moins nobles, ont moins la cote. «Elles sont valorisées en dessous de 2500 euros l'hectare», constate Robert Levesque.

Deuxième facteur expliquant l'engouement pour la forêt: la conjoncture. «Par temps de crise, la forêt est un actif de diversification décorrélé dans ces rendements de celui des valeurs financières, renchérit Laurent Piermont. Statistiquement, quand les valeurs financières se portent bien, la forêt garde un rendement modéré. À l'inverse, quand elles se portent mal, la forêt trouve des rendements élevés.»

Une énergie alternative

En outre, la forêt représente un actif réel qui lui confère un rendement certain non négligeable pour les investisseurs à un moment où les marchés sont instables et les valeurs de l'Internet, comme Facebook, en fort repli.

Enfin, la biodiversité est favorable au développement du bois dans ses débouchés multiples tant en termes d'énergie alternative aux hydrocarbures que pour la construction. «L'utilisation du plastique et de l'aluminium, gros consommateurs d'énergie, va baisser de plus en plus au profit du bois notamment», prédit Max Penneroux, directeur technique de la Société forestière.

Autant de raisons qui expliquent le profil varié des investisseurs. À côté des banquiers et assureurs qui diversifient leurs fonds propres - ils ont réalisé l'an dernier 40 % des transactions des forêts de plus 100 ha en valeur - s'ajoutent des industriels anticipant de nouvelles valorisations ou des espaces de compensation de grands équipements (TGV, autoroutes...). Pour 2012, le premier trimestre reste actif mais la fin d'année incertaine dans l'attente d'éventuels rabots sur certaines niches fiscales touchant ce secteur.

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