La fondation Vuitton ancre la marque du groupe LVMH à Paris

le
0

* La fondation ouvre au public le 27 octobre * Un chantier de haute technologie, de plus de 100 millions d'euros * Une visibilité accrue pour la marque phare du groupe LVMH par Pascale Denis PARIS, 17 octobre (Reuters) - La fondation Louis Vuitton, qui ouvrira ses portes au public le 27 octobre, comptera parmi les plus importants musées privés français dédiés à l'art contemporain tout en ancrant le nom de Vuitton, la marque phare du groupe LVMH LVMH.PA , dans le paysage parisien. Six ans après le début des travaux, interrompus par divers recours d'associations de riverains, le gigantesque vaisseau recouvert de plaques de béton blanc et surmonté de douze voiles de verre s'élève à 40 mètres de hauteur en bordure du Jardin d'Acclimatation, dans le Bois de Boulogne. Son architecte, Frank Gehry, connu pour la construction du musée Guggenheim de Bilbao (Espagne), a voulu faire écho à l'architecture de verre du 19e siècle, notamment au palmarium construit sous le Second empire et détruit au début des années 1970, qui se trouvait à l'endroit même où se dresse le bâtiment. Cette fondation d'entreprise, qui accueillera des collections permanentes comme des expositions temporaires, offre une visibilité accrue à LVMH, numéro un mondial du luxe. "Le succès économique de LVMH basé sur l'apport créatif de tous ses designers, de tous ses inventeurs et ingénieurs méritait d'être récompensé d'une manière philanthropique", a déclaré Bernard Arnault, PDG du groupe de luxe, à Reuters TV. Le choix s'est porté sur le nom de Louis Vuitton, car il s'agit de la marque "qui a le plus de liens historiques avec le monde l'art", a-t-il ajouté, faisant référence aux collaborations d'artistes comme Takashi Murakami ou Richard Prince pour certaines collections du maroquinier. La fantaisie des volumes, les porte-à-faux et les superpositions d'éléments et de matériaux en ont fait un chantier de prouesses techniques, aux dires de son maître d'oeuvre, le groupe Vinci SGEF.PA . Le montant des travaux, qui a largement dépassé les 100 millions d'euros prévus initialement, n'a pas été rendu public. "On ne chiffre pas un rêve", a dit Bernard Arnault. COLLECTION EN COURS DE CONSTITUTION L'idée de confier la construction à Franck Gehry remonte au début des années 2000, moment où le grand rival de Bernard Arnault, François Pinault, fondateur du groupe PPR rebaptisé Kering PRTP.PA , projette lui aussi de créer un musée d'art contemporain sur l'île Seguin (Boulogne Billancourt). Ce projet ne verra finalement pas le jour à Boulogne, mais à Venise en 2006, dans un palais du Grand canal. La fondation Louis Vuitton abrite une collection commencée il y a quelques années et toujours en cours de constitution, sous la houlette de Suzanne Pagé, ancienne directrice du musée d'Art moderne de la ville de Paris. Elle accueillera aussi des expositions temporaires, avec des oeuvres venues des musées du monde, voire provenant de la collection personnelle de Bernard Arnault, "grand collectionneur du peintre Jean-Michel Basquiat", selon Jean-Paul Claverie, conseiller du PDG de LVMH et responsable du mécénat du groupe. L'artiste danois Olafur Eliasson, connu pour ses effets de lumière, a conçu spécialement pour la fondation une oeuvre de colonnes miroitantes, tandis que le rideau de scène de l'auditorium pouvant accueillir jusqu'à 1000 personnes est signé par l'américain Ellsworth Kelly. Plusieurs terrasses accueillent les visiteurs sous les nuages de verre sérigraphié aux couleurs laiteuses, offrant une vue panoramique sur la capitale et les cimes des arbres du bois. Elles contournent les éléments centraux de l'édifice, baptisé "iceberg" par Franck Gehry, évoquant de puissantes cheminées de paquebot, recouvertes de panneaux de béton blanc. "Le mouvement était important pour moi, je voulais donner l'impression que le bâtiment avançait doucement dans le Bois de Boulogne. Je voulais aussi que ce soit en endroit d'étonnement pour les enfants du jardin", a dit Franck Gehry à Reuters TV. L'effervescence architecturale de l'extérieur contraste avec la sobriété des volumes intérieurs qui comptent 3.000 m² de salles d'expositions pavées de pierre de bourgogne. Le bâtiment, construit sur un terrain loué à la ville de Paris, lui reviendra dans 50 ans, à l'issue du bail. La fondation prévoit de recevoir environ un million de visiteurs par an. (Edité par Jean-Michel Bélot)


Valeurs associées
  Libellé Bourse Dernier Var. Vol.
Vous devez être membre pour ajouter des commentaires.
Devenez membre, ou connectez-vous.
Aucun commentaire n'est disponible pour l'instant