La fonction présidentielle va modifier Trump, pense Obama

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    par Roberta Rampton et Steve Holland 
    WASHINGTON, 14 novembre (Reuters) - Barack Obama a déclaré 
lundi qu'il nourrissait des inquiétudes quant à la présidence de 
Donald Trump mais a estimé que le cadre de la fonction et les 
responsabilités gigantesques qui l'accompagnent modifierait le 
comportement de son successeur. 
    "Cette fonction a une façon de vous réveiller", a-t-il dit 
lors d'une conférence de presse à la Maison blanche. "Les 
aspects de ses positions ou de ses prédispositions qui ne 
coïncident pas avec la réalité, il va s'apercevoir qu'elles 
seront rapidement bousculées parce que la réalité a une façon de 
s'imposer d'elle-même". 
    Optant pour une expression sobre et choisissant 
soigneusement ses mots, le président sortant, qui laissera la 
Maison blanche à Trump le 20 janvier prochain, a souligné qu'il 
avait insisté auprès du milliardaire républicain sur les 
différences qui existent entre faire campagne et présider les 
Etats-Unis. 
    "Certains traits de son caractère ne l'aideront pas bien, 
sauf s'il les reconnaît et les rectifie", a poursuivi Obama. 
"Parce que quand on est un candidat et que l'on dit des choses 
inexacts ou discutables, cela a moins d'impact que lorsqu'on est 
président des Etats-Unis. Tout le monde vous écoute. Les marchés 
bougent." 
    Le président sortant s'est tenu à l'écart des polémiques du 
moment, jugeant qu'il ne serait pas opportun pour lui de 
commenter chacune des nominations auxquelles le président élu 
doit procéder. Obama s'exprimait 24 heures après les premières 
nominations effectuées par Trump, dont le choix du très 
controversé Stephen Bannon à un poste inédit de "stratège en 
chef".   
    Obama, qui a reçu Trump pendant une heure et demie jeudi 
dernier dans le Bureau ovale de la Maison blanche, a noté que sa 
discussion avec le milliardaire new-yorkais avait été "fluide et 
utile" et qu'il l'avait trouvé "sincère" dans sa volonté 
affichée d'être un bon président. 
    Mais il a aussi rapporté lui avoir dit qu'au vu de la 
"férocité" de la bataille présidentielle, il importait d'envoyer 
des "signaux d'unité" au pays et de tendre la main aux 
catégories d'électeurs qui n'ont pas voté pour lui, insistant 
notamment sur les femmes et sur les minorités. 
    Obama a par ailleurs appelé le Parti démocrate à engager une 
réflexion sur lui-même, jugeant nécessaire que de nouvelles voix 
et de nouvelles idées émergent. 
    Outre la défaite inattendue d'Hillary Clinton dans la course 
à la Maison blanche, le parti a également échoué dans sa volonté 
de récupérer une majorité au Sénat, qui reste, de même que la 
Chambre des représentants, républicain.   
     
    VOIR AUSSI 
    LE POINT sur la victoire de Donald Trump:   
 
 (avec Alana Wise et Ginger Gibson; Henri-Pierre André pour le 
service français) 
 
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