La folle histoire de la réforme des retraites

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La retraite à 60 ans disparaît ce jeudi soir. Vendredi s'amorce la transition vers la retraite à 62 ans. Le résultat d'une bataille politique d'une rare violence, menée pendant huit mois.

«Je sens qu'on va prendre des coups.» Dans l'embrasure de la porte qui sépare leurs deux bureaux, le jeune directeur de cabinet Sébastien Proto discute avec son ministre, Éric Woerth. En cette fin mars 2010, tous deux viennent de s'installer Rue de Grenelle. Ils savent qu'un dossier unique va les occuper: les retraites. Le ministre entame immédiatement ses consultations syndicales et patronales. Les réunions commencent aussi à l'Élysée. Au fil des séances -une à deux par semaine dès le début-, un rituel s'établit: Éric Woerth expose l'ordre du jour, liste les options possibles, fait part de ses préférences. Raymond Soubie commente, François Fillon s'exprime. Sarkozy conclut. Il laisse comprendre de quel côté il penche, mais ne tranche pas noir sur blanc. Aucune synthèse n'est rédigée, pour éviter les fuites. L'âge légal est bien sûr le point le plus sensible. 62 ans? 63 ans? La priorité est d'équilibrer les finances. À première vue, les 63 ans s'i

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