La FNSEA demande une réponse européenne à la crise agricole

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LE PRÉSIDENT DE LA FNSEA VEUT UNE INITIATIVE EUROPÉENNE À LA CRISE AGRICOLE
LE PRÉSIDENT DE LA FNSEA VEUT UNE INITIATIVE EUROPÉENNE À LA CRISE AGRICOLE

PARIS (Reuters) - Le président de la FNSEA, principal syndicat agricole français, a demandé vendredi que le gouvernement prenne une initiative au niveau européen pour apporter des solutions aux éleveurs qui poursuivent leurs manifestations dans le Grand Ouest.

La Fédération nationale des syndicats d'exploitants agricoles a appelé jeudi soir à la levée des barrages, mais le Centre régional d'information et de coordination routières (Cricr) signalait des perturbations vendredi matin dans les départements du Morbihan, des Côtes-d'Armor et d'Ille-et-Vilaine où les agriculteurs maintiennent des barrages filtrants ou bloquant sur plusieurs axes.

La France, a dit Xavier Beulin sur RTL, "peut prendre des initiatives". "Il est important (..) qu'on puisse influencer un certain nombre de décisions" à l'échelle européenne.

"On a aujourd'hui une crise majeure sur la plupart des productions, et notamment les productions animales, on a un embargo russe depuis deux ans sur la production porcine, depuis un an et demi sur toutes les viandes, les produits laitiers, les fruits et légumes. Rien ne se passe, on fait comme si on devait subir le marché", a déploré le président de la FNSEA.

Il a demandé au ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll d'être "plus présent, mieux présent, sur les dossiers agricoles, bien sûr à Paris mais surtout à Bruxelles."

Le ministre a annoncé mardi une rallonge de 125 millions d'euros pour le plan de soutien (700 millions d'euros déjà accordés) à l'élevage bovin, porcin et laitier mis en oeuvre l'été dernier.

Les producteurs français réclament des mesures structurelles face à l'effondrement des cours, comme l'étiquetage de la provenance de la viande ou l'arrêt des distorsions de concurrence au niveau européen.

"Les actions repartiront d'ici la semaine prochaine si rien ne se passe d'ici là", a prévenu Xavier Beulin.

Stéphane Le Foll a déclaré cette semaine que certaines mesures réclamées seraient contraires aux règles européennes.

"QU'EST-CE QU'ATTEND FRANÇOIS HOLLANDE?"

Dans un entretien publié vendredi dans Les Echos, le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, par ailleurs président de la région Bretagne, appelle tous les acteurs de la filière à prendre leurs responsabilités.

"Je ne pense pas que les méthodes employées par les manifestants soient les meilleures pour se faire comprendre", déclare-t-il, tout en disant comprendre "la détresse des éleveurs qui ont fait des efforts considérables".

La filière porcine "doit se réorganiser avec un meilleur partage de la valeur ajoutée et engager les éleveurs dans des activités complémentaires comme la méthanisation ou la fabrication des aliments à la ferme", estime-t-il.

L'ancien ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire (Les Républicains) a adressé jeudi une lettre à François Hollande, cosignée par 93 parlementaires de la droite et du centre, pour lui réclamer des mesures d'urgence, comme un gel des normes et des mesures contraignantes sur les distributeurs et les industriels.

"Qu'est-ce qu'attend François Hollande pour rassembler autour de lui les producteurs, les industriels, les distributeurs et leur dire : "on ne peut pas continuer comme ça, les producteurs sont en train de crever, il faut mieux répartir les marges'?", a-t-il dit vendredi sur iTELE.

"Qu'est-ce qui l'empêche de partir pour Moscou et de demander la levée de l'embargo de la Russie sur la production de viande qui aujourd'hui fait tomber les cours?", a-t-il poursuivi. "Qu'est-ce qui l'empêche de demander une réunion d'urgence de tous les chefs d'Etat européens?", a-t-il conclu.

(Sophie Louet, édité par Yves Clarisse)

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  • rraclot il y a 10 mois

    De quoi se plaignent les agriculteurs Bretons ? Le pouvoir est entre les mains de leurs amis ( défense, justice, premier ministre "breton espagnol " et.. Bien d'autres !)

  • rraclot il y a 10 mois

    La réponse est simple, qu'ils se mettent à travailler comme leurs saisonniers agricoles des années 50... J'en d'origine et surtout ma mère pour nous nourrir !

  • glaty il y a 10 mois

    GREVE DES AGRICULTEURS = GRAVE POLLUTION DUE AUX PNEUS QU'ILS BRULENT..Il faut condamner en justice tous ces IRRESPONSABLES...

  • M9941825 il y a 10 mois

    J'ai lu que beaucoup ne comprenait pas pourquoi, et bien pour les raisons ci-dessus expliquées. Mais surtout pour que le gouvernement nous entende car des tables rondes ont eu lieu avec les transformateurs et cela n'a rien donné; ils ont refusé en bloc toutes nos propositions. Aujourd'hui l'Etat a son rôle à jouer.NOUS NE VOULONS PAS D'AIDES FINANCIERES !!

  • M9941825 il y a 10 mois

    Et il faut que l'on trouve 133€ pour que notre ainé parte en séjour scolaire afin qu'il ne soit pas isolé, qu'il puisse partir comme tous ces copains,- le stress de ne pas pouvoir payer ses fournisseurs,- rembourser près de 60 000€ à la banque par an,- supporter une administration très lourde (voire écrasante) et très longue,- des normes qui s'additionnent et que nous devons respecter,- une production de BONNE QUALITE que l'on nous achète en dessous de notre cout de revient...-------

  • M9941825 il y a 10 mois

    Pour tous ceux qui ne comprendraient pas la mobilisation des agriculteurs, voici le témoignage de Laetitia, agricultrice en Ille et Vilaine et mobilisée pendant ces 2 jours :" Être agricultrice et agriculteur en 2016 pour moi c'est :- travailler 60 heures par semaine,- travailler 365 jours par an,- pas de week-end, pas de vacances,- se prendre un salaire minimum (soit 750 € pour moi et mon mari) pour payer l'école des enfants, les nourrir, les loger, les chauffer,

  • y.tiruz il y a 10 mois

    Très discret depuis le début de la crise agricole, Jean-Yves Le Drian, s'est exprimé dans Ouest-France de jeudi. Nous reproduisons son entretien.Priorité à l'innovation et aux investissements pour sauver les élevages. Le président de la Région s'engage aussi à soutenir la reconversion et la formation des agriculteurs qui devront arrêter.