La flambée des prix à Bordeaux ne serait pas due aux Parisiens

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La rue Sainte-Catherine, à Bordeaux. (crédit : BillBl)
La rue Sainte-Catherine, à Bordeaux. (crédit : BillBl)

Les prix de l’immobilier se stabilisent dans la plupart des grandes villes de France depuis la rentrée selon MeilleursAgents, sauf à Bordeaux où le foncier progresse désormais de presque 17% sur un an. Pourtant, contrairement aux idées reçues, les achats de Parisiens resteraient marginaux.

Après huit premiers mois très dynamiques, l’immobilier français connaît globalement une pause depuis le mois de septembre, notamment à Paris où les prix sont néanmoins toujours en hausse de 5,8% depuis le début de l’année et 7,4% sur 12 mois.

La flambée des prix à Bordeaux ne serait pas due aux Parisiens
La flambée des prix à Bordeaux ne serait pas due aux Parisiens

Pause automnale dans la plupart des villes de France

Le mois dernier, les prix immobiliers en Île-de-France ont connu une légère baisse, aussi bien à Paris (-0,1%) que dans les départements limitrophes : -0,3% dans les Hauts-de-Seine (92) et -0,3% en Seine-Saint-Denis (93). Depuis le début de l’année, les prix progressent de 5,8% dans la capitale, 4,3% dans les Hauts-de-Seine et 1,6% en Seine-Saint-Denis selon le dernier baromètre de MeilleursAgents.
«Convaincus, à juste titre, que les taux d’intérêt resteront bas, les ménages à la recherche d’un logement préfèrent attendre que se précipiter», commente Sébastien de Lafond, président de MeilleursAgents.

En somme, «le marché refroidit un petit peu après un début d’année tonitruant». En-dehors des traditionnels effets saisonniers sur la demande des particuliers, «Les investisseurs marquent aussi une pause mais pour d’autres raisons. Les incertitudes pesant sur l’impôt sur la fortune immobilière (IFI), l’encadrement des loyers (…) et les dispositifs d’incitations fiscaux les encouragent à reporter leurs achats voire à s’intéresser à d’autres classes d’actifs.»

En-dehors de la région parisienne, la tendance des prix dans les grandes villes de France n’est plus aussi nette qu’en début d’année. Certes, la hausse se poursuit à Lyon, Nice ou Nantes, mais d’autres villes n’ont pas profité de ce mouvement le mois dernier comme Marseille ou Strasbourg. Depuis le début de l’année, les prix à Lille et Montpellier restent d’ailleurs en légère baisse.
Dans toutes ces villes, «à la différence de Paris, un ménage au revenu moyen bénéficie encore en province d’un bon pouvoir d’achat immobilier», commente Sébastien de Lafond.

Prix à Bordeaux : +16,9% sur un an

Tel n’est pas le cas à Bordeaux où les prix ont continué leur vive progression en octobre, atteignant +16,9% sur un an. «Le prix moyen du mètre carré dans l’ancien est de 3.600 euros et peut atteindre 5.400 euros», observe Sébastien de Lafond.

Ce dernier explique : «Cette inflation galopante est indiscutablement due à des investisseurs très actifs qui, à eux seuls, génèrent 35% des nouvelles acquisitions.» Mais, contrairement aux idées reçues, les flux d’achats ne proviendraient pas de l’arrivée en masse de Parisiens attirés par l’ouverture de la nouvelle ligne de TGV Paris-Bordeaux.
«Contrairement à certains fantasmes de plus en plus répandus et souvent amplifiés, ces investisseurs ne sont que très minoritairement des Parisiens attirés par de bonnes affaires bordelaises. La réalité est plus simple : la ville et sa région sont attractives depuis de nombreuses années» explique Sébastien de Lafond, pour qui la ligne à grande vitesse n’est qu’un élément supplémentaire de l’attractivité de la ville.

Quelle que soit l’origine du phénomène, «cette situation commence à poser des problèmes d’accès au logement à cause de prix d’achat ou de location trop souvent décorrélés du pouvoir d’achat réel des ménages. En effet, à ces prix, avec les salaires locaux, un ménage moyen de 2,5 personnes peut à peine s’offrir 37 m² contre 51 m² à Toulouse».

Le phénomène ne serait pourtant pas près de s’arrêter, ce qui n’est pas une bonne nouvelle. «La hausse des prix de Bordeaux va graduellement s’étendre à l’ensemble de la communauté urbaine et pourrait réduire progressivement l’attractivité de la région. En effet, l’accessibilité au logement peut être un facteur limitant au développement économique de la région. L’équation n’est pas simple à résoudre entre attractivité, accès au logement et accès à l’emploi», conclut le président de MeilleursAgents.

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