La fiscalité locale menace le pacte de compétitivité, dit Parisot

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LE MEDEF ESTIME QUE LA FISCALITÉ LOCALE MENACE LE PACTE DE COMPÉTITIVITÉ
LE MEDEF ESTIME QUE LA FISCALITÉ LOCALE MENACE LE PACTE DE COMPÉTITIVITÉ

PARIS (Reuters) - La hausse brutale de la Contribution foncière des entreprises (CFE) pourrait annihiler tout le bénéfice attendu du pacte de compétitivité, a estimé lundi la présidente du Medef Laurence Parisot après un entretien avec Jean-Marc Ayrault.

La patronne des patrons français a déclaré que la hausse de la fiscalité locale "était tellement effarante que cela risquait de compromettre l'impact espéré, attendu, du pacte de compétitivité".

Reçues par le Premier ministre qui souhaitait discuter avec elles de la mise en oeuvre du crédit d'impôt prévu par le pacte de compétitivité, les organisations patronales ont tiré à boulets rouges sur les hausses récentes de la fiscalité locale.

"Nous recevons cela comme une insulte et une provocation", a déclaré à des journalistes Jean Lardin, le président de l'Union professionnelle artisanale (UPA), évoquant une CFE dont le montant a été multiplié trois ou quatre dans certaines agglomérations.

La suppression de la taxe professionnelle décidée par Nicolas Sarkozy a été compensée par la création de nouvelles taxes comme la CFE, levée directement par les communes.

Les représentants des patrons ont indiqué que si le gouvernement n'avait pas l'autorité pour fixer le taux de cet impôt, Jean-Marc Ayrault avait accepté de se saisir de ce sujet et de relayer leur message au niveau local.

"Le Premier a bien reçu le message", a dit Laurence Parisot, plaidant par ailleurs pour que la mise en oeuvre du crédit d'impôt de 20 milliards d'euros prévu par le pacte de compétitivité soit la plus simple possible.

"La simplicité et la lisibilité sont essentielles", a-t-elle ajouté, précisant qu'il était important que les entreprises puissent bénéficier du crédit d'impôt dès le mois de janvier.

Les organisations patronales ont également évoqué les négociations sur l'emploi entamées avec les syndicats visant à aboutir, selon les souhaits de François Hollande, à un "compromis historique" sur la sécurisation des parcours professionnels.

"Nous faisons tout pour aboutir à un texte ambitieux et au service de l'intérêt économique et social de notre pays", a indiqué Laurence Parisot.

"Il faut que cela soit gagnant-gagnant, c'est-à-dire qu'il faut qu'il y ait plus de souplesse pour l'entreprise et plus d'acquis sans doute pour les salariés", a jugé de son côté Jean-François Roubaud, de la Confédération générale des petites et moyennes entreprises (CGPME).

La négociation a cependant mal commencé et les syndicats critiquent un premier texte patronal qui organise, selon eux, la précarité au lieu de sécuriser les carrières des Français.

Julien Ponthus, édité par Yves Clarisse

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