La Financière Responsable : " Nous recherchons un adossement"

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(NEWSManagers.com) - En octobre 2009, Olivier Johanet annonçait son départ de La Française des Placements, entrée dans le giron d' UFG, et rejoignait La Financière Responsable, une boutique entièrement dédiée à l' investissement responsable fondée en 2007 par Stéphane Prévost avec le soutien de LFP. Dans un entretien à Newsmanagers, le président de La Financière Responsable, et actionnaire majoritaire avec plus de 65 % des parts, fait le bilan de cette année et fait part des difficultés que peuvent rencontrer des petites structures comme la sienne.



Newsmanagers : Il y a environ un an, après votre départ de La Française des Placements, vous annonciez votre entrée au capital de La Financière Responsable. Que s' est-il passé en 12 mois ?

Olivier Johanet : Beaucoup de choses ! Tout d' abord, nous avons défini notre approche de l' investissement socialement responsable (ISR), la gestion intégrale IVA© pour Integral Value Approach. Elle consiste à appréhender l' entreprise dans toutes ses dimensions, à tenir compte de toutes ses parties prenantes et pas uniquement de ses aspects financiers.

Pour nous, l' ISR ne relève pas d' une idéologie particulière, ne signifie pas investir dans des entreprises " gentilles " . Cela ne veut pas non plus dire privilégier les sociétés qui sont un peu moins " mauvaises " que les autres en faisant du " best in class " . C' est investir dans des entreprises qui mettent en ?uvre des stratégies bien pensées en prenant en compte aussi leurs ressources humaines, et notamment à la lumière de l' évolution démographique à venir, ou l' environnement...
Nous avons également revisité notre processus d' investissement. Nous avons notamment choisi de définir des thèmes macroéconomiques porteurs, ce qui nous permet de restreindre notre univers d' investissement. Aujourd' hui, nous croyons aux marchés émergents. Nous pensons aussi que la reprise sera lente et nous cherchons à privilégier des entreprises capables de croître dans ce contexte.

Nous avons aussi créé un conseil de gouvernance, composé de personnalités du monde des investisseurs de la gestion d' actifs, comme Alain Wicker, vice-président du conseil de surveillance d' UFG-LFP. Cette instance s' est réunie pour la troisième fois la semaine dernière. Au cours de ces réunions, je fais le point sur l' activité et je présente mes objectifs.

NM : Et comment les choses se passent-elles au niveau commercial ?

O. J. : La grande nouveauté est que nous allons aborder la haute gestion privée via la Banque Martin Maurel avec laquelle nous avons noué un partenariat, que nous espérons approfondir.

Nous avons par ailleurs visité plus d' une centaine de prospects depuis décembre, notamment des institutionnels, des fonds de fonds, des caisses de retraite, des acteurs du monde associatif, des assureurs. Nous leur avons présenté nos trois produits : notre fonds diversifié géré en partenariat avec Diamant Bleu (18 millions d' euros), notre fonds LFR Euro Développement Durable (27 millions) et LFR Actions Solidaires. Mais nous nous heurtons à une grande difficulté : même lorsqu' ils sont intéressés par notre approche, les investisseurs sont réticents, essentiellement pour des questions de productivité, à entrer dans nos fonds car ils sont trop petits. En clair, ils pensent pour des raisons qui leur sont propres qu' il n' est pas possible pour eux d' investir des montants trop faibles.

NM : Comment résoudre ce problème de la taille des fonds ?
O. J. : Pour résoudre ce problème, nous cherchons aujourd' hui un adossement. L' arrivée d' un actionnaire d' importance permettrait aussi de mieux se préparer à l' avenir, sachant que j' ai actuellement cinquante-six ans.

NM : Avez-vous des contacts à ce sujet ?

O. J. : Oui, nous sommes en contact avec un établissement en France, mais aussi avec des étrangers.

NM : L' adossement est-il suffisant pour attirer des clients ?

O. J. : Il y a dix ans, le simple fait d' être adossé facilitait les choses. Aujourd' hui, on constate que cela ouvre des portes. Mais ce n' est pas suffisant. Ce qui compte, c' est le " seed money " dans les fonds. Ou alors, il faut que l' actionnaire qui entre au capital d' une boutique s' investisse aussi dans le développement commercial de cette dernière. En revanche, ce qui ne marche pas, c' est lorsqu' une société prend une participation et demande à ses propres commerciaux de vendre les produits de la filiale : les commerciaux ont en général déjà fort à faire avec les fonds de la maison pour en plus s' occuper des autres.

NM : Est-ce à dire que les toutes petites structures ne peuvent pas se développer si elles restent totalement indépendantes ?

O. J. : Non, ce n' est plus possible aujourd' hui. Si vous ne pouvez pas aligner 50 à 100 millions d' euros dans un fonds, c' est très difficile. Et pourtant, les investisseurs institutionnels ont besoin de nouveaux gérants afin de réduire le poids des grandes maisons qui deviennent de plus en plus grandes?


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