La fin du démantèlement du campement de Calais prévue lundi

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    * "Une question de jours" avant la fin des opérations 
    * 200 à 300 personnes ont passé la nuit près de l'entrée 
    * La question reste posée à long terme 
 
    par Matthias Blamont 
    CALAIS, Pas-de-Calais, 27 octobre (Reuters) - Le 
démantèlement du campement de Calais sera achevé lundi prochain, 
a assuré jeudi la préfète du Pas-de-Calais trois jours après le 
début des opérations dans le bidonville où séjournaient 
plusieurs milliers de migrants dans des abris de fortune. 
    Les pouvoirs publics avaient annoncé dès mercredi la fin de 
l'évacuation, entamée lundi, des occupants de la "jungle", en 
majorité des adultes répartis dans des centres d'accueil et 
d'orientation (CAO) disséminés sur le territoire. 
    Aux 4.400 majeurs évacués s'ajoutent 1.200 mineurs isolés, 
qui ont été provisoirement placés dans un local à Calais ou 
dirigés vers un CAO réservé aux plus jeunes.   
    Un journaliste de Reuters a cependant constaté que plusieurs 
dizaines de personnes se trouvaient encore dans le camp jeudi 
matin et que 200 à 300 autres, refoulées à l'entrée, avaient 
passé la nuit non loin de là.     
    Les travaux de nettoyage et de déblaiement ont débuté mardi 
et se sont poursuivis mercredi et jeudi, avec l'entrée en action 
de pelleteuses. 
    "Tout s'est bien passé cette nuit, il n'y a eu aucun 
problème. Ce matin, les travaux continuent, ont repris sur le 
camp de la lande, on continue les maraudes sociales", a déclaré 
la préfète du département, Fabienne Buccio, à la presse. 
    "Lundi soir, les tentes auront été enlevées, les déchets 
auront été supprimés, donc c'est vraiment une question de 
jours", a-t-elle ajouté. 
    Le défi pour les autorités est désormais d'éviter que ne se 
reconstitue un campement similaire à Calais ou dans ses 
environs, qui serait investi par des migrants souhaitant 
rejoindre clandestinement le Royaume-Uni. 
     
    "SAS FERMÉ" 
    "S'il y a d'autres personnes qui arrivent d'autres lieux, il 
faut qu'elles comprennent que Calais n'est pas une solution pour 
elles", a dit Fabienne Buccio, pour qui le sas d'orientation à 
l'entrée de la "jungle" ne doit pas devenir un "un point 
d'entrée pour tous les migrants de France".  
    "Le sas est fermé. Notre mission, qui était d'accueillir et 
d'héberger tous les migrants du camp de la lande est menée à 
bien. Maintenant, il faut qu'on passe le message que ce sas 
n'est pas un sas d'entrée pour tous les migrants de France et 
même d'Europe", a-t-elle encore déclaré. 
    Jusqu'à présent, les pouvoirs publics n'ont pas réussi à 
trouver une solution viable à la question des migrants en 
transit dans la région, lancinante depuis les années 1990.  
    Un hangar désaffecté d'Eurotunnel leur a été ouvert en 1999 
sur la commune de Sangatte mais, trois ans plus tard, sous la 
pression de son homologue britannique David Blunkett, le 
ministre français de l'Intérieur de l'époque, Nicolas Sarkozy, a 
décidé la fermeture définitive de ce lieu. 
    Les quelque 1.600 migrants qui s'y trouvaient se sont alors 
déplacés vers la "jungle" de Calais et en, en février 2003, 
Paris et Londres ont signé les accords du Touquet qui 
établissent que les contrôles aux frontières auront désormais 
lieu du côté français de la Manche. 
    Avec la crise migratoire, notamment due aux affrontements au 
Soudan et à la guerre en Syrie, le nombre de migrants a explosé 
et jusqu'à 10.000 d'entre eux se sont retrouvés dans la jungle. 
 
 (Avec Simon Carraud à paris, édité par Yves Clarisse) 
 
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